1er mai : les factures prennent l‘ascenseur et le salaire prend l’escalier, que faire ?
Hier, nous étions le 1er mai et nous avons fêté le travail, comme chaque année à cette date. Les discours de revendications et d’appels à l’union des salariés du pays ont encore retenti. À Fleurier, le syndicat Unia, le Parti socialiste, le POP ainsi que la Fédération anarchiste locale du Val-de-Travers avaient fait front commun pour faire entendre leurs voix. Comme l’indiquait un panneau plus vrai que nature, le parc de la place publique de la gare de Fleurier s’est renommée la « place du peuple » durant quelques heures. Qu’avait donc le peuple à dire cette année ?
Le « chantier » d’Emil Margot
Le président des jeunes socialistes neuchâtelois, Emil Margot, a commencé par un moment de vérité : « Je dois vous dire que je suis conscient que certains me voient comme un étudiant au statut privilégié. Je reconnais que mon parcours dans le monde du travail n’a pas encore complètement commencé mais j’ai déjà eu des expériences dans ce domaine. J’ai notamment passé plusieurs mois sur un chantier en Allemagne ainsi que dans un salon de thé en tant que vendeur. Après cela, je pense encore plus fort que le travail doit permettre à chacun de vivre décemment, quel qu’il soit et quel que soit son statut. En Suisse, forcé de constater qu’il y a mieux à faire en termes de répartition des richesses dans un pays où 10% de la population vit sous le seuil de pauvreté. »
Pourquoi l’économie prime toujours sur l’ouvrier ?
Isis Joliat, membre des jeunes POP neuchâtelois, a poursuivi la discussion sous forme de questions : « Dans un tel pays, comment voulez-vous ne pas angoisser quand vous ne pouvez plus payer votre loyer ou vos primes d’assurance maladie ? Pourquoi est-il toujours plus important de sauver l’économie plutôt que de sauver des vies humaines ? que vaut le prix de la vie d’un ouvrier ? » Justement, la parole a ensuite été donnée à des ouvriers, comme Cyprien, employé à Swatch Group. Ils ont livré leurs réponses à ces questions légitimes. « Le constat est sans appel. Nos factures prennent l’ascenseur pendant que nos salaires prennent l’escalier. Comment voulez-vous que ça fonctionne de cette façon ? » Sa comparse Patricia appelait quant à elle à éviter le piège tendu par certains dans le but de diviser la classe ouvrière : « Ils créent de la concurrence malsaine entre travailleurs afin qu’ils se désunissent et qu’ils ne tirent pas à la même corde. Soyons plus intelligents et choisissons mieux notre camp. Il est temps de défendre ensemble nos intérêts communs de travailleuses et de travailleurs. »
En fin de compte, il ne reste plus qu’une seule question sans réponse : ces paroles seront-elles écoutées, entendues et transformées en actions ? Si tel n’est pas le cas alors nous les entendrons à nouveau dans 1 ans puis dans deux ans et ainsi de suite…
Kevin Vaucher