32e Fête du sel de Buttes
Canon et hallebardes ont remplacé les haches
Malgré une forte concurrence événementielle le week-end dernier, la 32e Fête du sel a une nouvelle fois rencontré son public samedi passé. Il était d’autant plus important que le public montre son attachement que la manifestation est sur la sellette, faute de forces en nombre au sein du comité. « Sur la sellette », c’était justement le thème clin d’œil de cette année. Dans les rues, cette fragilité de coulisses ne s’est jamais fait sentir, tant l’esprit médiéval a une nouvelle fois embaumé le village butteran. Le lancer de haches de l’an dernier avait laissé place au maniement de hallebardes et au tir au canon notamment.
Même réduit, essentiellement autour de la famille Masi, le comité et les forces bénévoles ne manquent pas d’innover à chaque fois que le village de Buttes se transforme en décor médiéval géant. Deux nouvelles compagnies médiévales avaient ainsi posé leur campement dans les rues pour cette 32e édition. La Compagnie de la Rose d’Estavayer-le-Lac avait installé son campement militaire le vendredi soir pour ne repartir que le dimanche. C’est ce qu’on appelle du jusqu’au-boutisme ça ! Durant cette période, rien n’est laissé au hasard et ce sont les règles d’époque qui entrent en vigueur. Même pendant le cortège, deux membres de la compagnie sont collés au tour de garde. Une autre est assignée à la surveillance de la soupe sur le feu.
Distribution d’armes et… « chargez ! »
Le reste de la troupe fait le show, hallebardes en mains.
De l’initiation au tir à canon et à l’arquebuse est aussi proposée. « On forme la relève », s’amuse la compagnie en déposant quelques armes dans les mains de passants pour leur apprendre comment charger l’ennemi ! Le cortège est également allé au contact puisqu’il passe désormais au milieu des stands. « Nous n’avons pas de gros chars donc c’est encore plus sympa et immersif de passer dans ces petites rues », précise Stéphane Masi. Et si les spectateurs ne laissaient pas la place, vous pouviez compter sur les 46 oies, ouvreuses du cortège, pour tracer la voie. « Il y a aussi des ânes et un spectacle de chiens, les animaux ont aussi droit à la lumière. » Des chiens ont même participé au cortège puisque la section romande du club suisse du léonberg était présente en nombre.
Quid de l’avenir ?
Plus tôt dans la journée, au moment des discours, le président du comité, Stéphane Masi, avait lancé un cri d’alarme pour que le comité de la fête soit enfin étoffé par de nouveaux bras et de nouvelles têtes. L’appel à la solidarité est lancé. La Société coopérative de consommation Le Foyer n’a pas attendu pour prouver une nouvelle fois qu’elle répondait toujours présent pour son village. Elle a remplacé au pied levé une autre société qui n’a pas pu honorer sa présence à cette 32e édition. « Cela a demandé un peu de réactivité et beaucoup d’effort », soulevait son vice-président Adrien Juvet.
Le Foyer, toujours présent !
« Heureusement, ça tourne bien aujourd’hui (samedi passé) grâce au soutien de nos bénévoles. Ce sont essentiellement des amis et de la famille venus donner un coup de main, c’est génial. » Installée en toute fin de la Vy-Saulnier, la cantine du Foyer affichait « tables pleines » en cours d’après-midi. « On propose de la raclette et d’autres produits que nous vendons au magasin du village », complète-t-il. L’éventuel bénéfice en fin de journée servira entièrement à amortir une partie des « pertes » que subit actuellement le magasin. « Les travaux de rénovation nous ont provisoirement poussés dans un local annexe, plus petit. Le magasin est toujours ouvert mais il y a forcément une diminution de la fréquentation. C’est un peu ric-rac mais on ne lâche pas d’un centimètre. On se bat ! » Vous êtes prévenus ! Pour leur fête médiévale, comme pour leur magasin, les Butterans sortiront canon et hallebardes s’il le faut !
Kevin Vaucher