Au cœur des Mondiaux de Lahti avec Bastien Jornod
Enseignant de sport au CPNE (Centre de formation professionnelle neuchâtelois), le Vallonnier Bastien Jornod a commencé le triathlon à 23 ans. Il en a trente aujourd’hui et il vient de vivre le plus beau moment de sa carrière sportive : les Mondiaux de Lahti, en Finlande. Arrivé sur place le mercredi 23 août, le sportif de Boveresse a fait le voyage avec sa copine et sa maman. Pas de coach ! C’est lui son propre « chef de la planification sportive ». L’excitation, et le stress, ont alors gagné en intensité jusqu’au dimanche, jour de course !
1.9 kilomètre de nage, 90 bornes de vélo et enfin… 21.1 km de course à pied. Voilà ce qui attendait Bastien Jornod lors du mondial de semi-Ironman de Lahti. Celui qui a grandi à Fleurier ne s’est apparemment pas suffisamment rendu à la piscine des Combes durant son enfance. Il n’aime pas nager ! « Je suis toujours très content lorsque je termine la partie natation d’un triathlon. Je commence enfin à avoir du plaisir avec le vélo, ma partie préférée, et la course à pied. Comme c’est le dernier sport, j’aime beaucoup courir. C’est à ce moment que c’est difficile, oui, mais c’est aussi la partie la plus forte en émotions. »
Abandonner après 200 mètres ?
Des émotions, il en a aussi vécues lors de la nage, en Finlande. Pas les bonnes malheureusement. « Après 200 mètres à peine, j’ai commencé à avoir du mal à respirer. Je n’ai pas compris pourquoi. C’était peut-être le stress de mes premiers mondiaux ou à cause du grand nombre de participants dans l’eau (3935 hommes le dimanche et 2265 femmes le samedi). J’ai bien cru que j’allais devoir abandonner après 200 mètres de natation en tout cas. » Mais non ! Le Vallonnier s’est accroché. « Je me suis mis sur le dos pour reprendre mes esprits et j’ai pu continuer. » Finalement, il est sorti de l’eau en 32 minutes, soit trois tours d’horloge de mieux qu’il ne l’espérait. Bastien Jornod était lancé et plus rien n’allait l’arrêter. Pas même la pluie !
Record personnel pulvérisé
« J’ai pris un gros plaisir sur les 90 kilomètres vallonnés de vélo que j’ai bouclés en 2 h 10 (soit 41.5 km/h de moyenne). » Deux boucles de 10.5 bornes – et 300 mètres de dénivelé – se dressaient encore avant la ligne d’arrivée. « J’ai eu de la peine à maintenir le rythme en fin de course mais je savais que j’arrivais au bout et j’ai serré les dents », confie-t-il en grimaçant encore. Sur la partie course à pied, son temps a été de 1 h 22, soit 3’55 au kilomètre. Et malgré son début chaotique dans l’eau, il a battu son record personnel de plus de 11 minutes, en 4 h 12 (48e de sa catégorie et 164e place du général).
Camp de base à Helsinki
Il bat même l’autre Neuchâtelois, Elio Schneider, de 12 secondes ! « Nous nous étions affrontés seulement sur courtes distances jusqu’à présent et je ne l’avais encore jamais vaincu. J’avais analysé ses résultats sur semi-Ironman et je savais que je pouvais le battre ». Bastien Jornod se dit « assez satisfait » de sa course. D’autant plus qu’il a vécu cette incroyable expérience en famille. « Ma copine et ma maman m’ont suivi jusqu’à Lahti. Elles ont été de superbes supportrices et m’ont permis de mieux vivre la pression car je stresse beaucoup avant mes courses. Nous sommes partis le mercredi soir depuis Zurich. » Direction Helsinki car tous les hôtels de Lahti étaient pleins.
Nez à nez avec une voiture
« Nous avons loué une voiture parce qu’il y avait une heure de route jusqu’au lieu de départ. Mais, au moins, nous avons pu visiter Helsinki le jeudi. » Ensuite, il s’est peu à peu glissé dans sa bulle : retrait du dossard, enregistrement au bureau de course le vendredi, dépôt du matériel en zones de transition le samedi et il ne restait qu’une nuit à dormir avant le départ. Sans faire de mauvais rêves sur l’organisation. « Tout était organisé au top et les routes étaient fermées. C’est très agréable car ce n’est pas toujours le cas. Je me suis déjà retrouvé nez à nez avec une auto ou avec des spectateurs imprudents qui traversent la route. » Place désormais à quelques jours de repos et de planification des prochains objectifs : la participation à un Ironman complet (le double des distances) et les Mondiaux d’Hawaï d’octobre 2024 ! De quoi nager dans le bonheur ?
Kevin Vaucher