Cercle scolaire Jean-Jacques Rousseau
Un avant-goût d’entretien d’embauche
Depuis douze ans, les élèves de 11e année du Cercle scolaire Jean-Jacques Rousseau rencontrent l’entreprise Goût & Région afin de se préparer à l’entrée dans la vie professionnelle, en étudiant dossier de postulation et entretien d’embauche. L’activité se déroulait aux Mines d’asphalte de la Presta, jeudi 10 novembre.
Construire un dossier de postulation, écrire une lettre de motivation, puis passer un premier entretien d’embauche, constituent les premières étapes de la vie professionnelle, et au sortir de l’école obligatoire, elles s’avèrent souvent un saut dans l’inconnu ou presque. C’est pour leur donner tous les éléments en main que, pour la douzième année consécutive, l’entreprise Goût & Région rencontrait les élèves de 11e année du Cercle scolaire Jean-Jacques Rousseau, aux Mines d’asphalte de la Presta, jeudi 10 novembre.
Au programme de cet atelier, des parties théoriques à propos des dossiers de candidature et des entretiens d’embauche, et d’autres pratiques où les élèves ont dû se mettre à la place d’un recruteur devant trois postulations et deux entretiens fictifs face aux professionnelles de l’entreprise. « Il s’agit d’expliquer ce qu’un employeur attend concrètement », note Andrée Von Wyss, membre de la direction de Goût & Région. «Également, nous montrons les choses à ne pas oublier et celles non nécessaires à un dossier», ajoute-t-elle. La gestionnaire opérationnelle et du personnel de l’opérateur touristique anime ces séances avec sa collègue Caroline Hügli, active dans le marketing et la relation client.
«Lui, vous, nous»
Le premier conseil que donnent les deux professionnelles est simple, mais bon à rappeler : un dossier doit être complet. Les certificats, les diplômes, le dernier bulletin de notes doivent y figurer, et pourquoi pas y ajouter les attestations de toute expérience qui peut être utile, comme du mentorat ou du bénévolat. «C’est un plus pour votre dossier», relève Caroline Hügli. Puis, il y a la «fameuse» lettre de motivation qui doit comporter trois temps qu’Andrée Von Wyss et sa collègue résument par «lui, vous, nous». Soit, montrer de l’intérêt à l’employeur, avancer ses qualités en étant «sincère», et aborder une future collaboration. «Soyez proactifs. En quelques lignes vous devez convaincre d’une rencontre, créer un déclic», conseille Andrée Von Wyss, pour qui ce dernier élément fait souvent la différence entre plusieurs dossiers. Cette différence, ce sont les élèves eux-mêmes qui vont devoir l’expérimenter, car après la théorie, place aux travaux pratiques.
Par groupes de deux ou trois, ils se voient proposer trois véritables dossiers, anonymisés évidemment, reçus à Goût & Région pour un même poste, à eux d’être recruteurs et de trancher. Le Courrier se prête aussi à l’exercice avec l’enseignante qui les accompagne ce jour-là, Micheline Negri, qui nous explique que les bases d’une lettre de motivation sont abordées en classe. Toutefois, elle note que généralement les élèves peinent à se mettre véritablement en avant dans cet exercice. Après une vingtaine de minutes, tout le monde semble avoir arrêté son choix et la décision est unanime envers le N° 1. Lors du tour de table, les points positifs relevés par les élèves correspondent aux trois temps de la lettre, précités. «Elle est motivée dans sa façon d’écrire», estime une adolescente en ajoutant la bonne impression du dossier contenant tous les documents. Seul bémol des élèves, une mise en page «très collée». «En effet, mais normalement, à la sortie de l’école, une lettre devrait tenir sur une page», précise Caroline Hügli. Les dossiers 2 et 3 rencontrent, eux, de nombreuses critiques. La théorie paraît être assimilée. Néanmoins, une élève estime que d’être de l’autre côté du miroir « fait un peu peur » et démontre qu’il «faut être précis».
Deux questions pour la fin
Pour l’entretien d’embauche, Andrée Von Wyss et Caroline Hügli énumèrent les choses basiques à faire quelques jours avant le rendez-vous, celles-ci vont de relire son dossier à s’assurer du trajet à faire, en passant évidemment par le «lui», toujours. «Renseignez-vous sur internet, le site de l’entreprise», détaille Caroline Hügli.
Pour un cuisinier, regardez la carte par exemple
Puis le jour J, il s’agit de se munir de quoi écrire, d’avoir les coordonnées, de prendre l’invitation, une copie du dossier, et cetera. Des éléments qui semblent normaux, mais peut-être pas évidents à la sortie de l’école obligatoire. «Et préparer deux questions pertinentes pour la fin de l’entretien», glissent les deux animatrices de l’atelier, dans le but de montrer de l’intérêt. Au tour, des deux élèves, préalablement tirés au sort, de passer trente minutes d’entretien fictif face aux deux recruteuses de la matinée.
Le reste de l’assemblée est studieux et écoute chaque question et réponse et note chaque geste. Bilan, les deux adolescents s’en sortent plutôt bien. Les deux responsables de Goût & Région estiment que les deux «candidats» étaient calmes, posés, souriants et relèvent le contact visuel, de bonnes postures du corps et des poignées de main franches, les éléments essentiels d’une bonne première impression. « Par contre le carnet de notes dans la poche ce n’est pas très pro », souligne Caroline Hügli. Autre conseil donné par Andrée Von Wyss, se préparer aux «petites questions pièges» parfois posées par les DRH (directeur des ressources humaines). «Faites gaffe!», lance-t-elle. Les deux collègues insistent sur le fait, après l’entretien, de mentionner une reprise de contact, «qui, quand». «Écrire un email après pour confirmer votre intérêt est une solution possible». Enfin, ultime conseil, se préparer à être questionné sur ses notes et les commentaires des enseignants, car cela constitue la «seule expérience» principale pour l’instant. « ôt ou tard, même en optant pour la voie du secondaire II et des études, ils seront confrontés à cette situation», conclut Micheline Negri. Probablement, cet atelier constituera une aide supplémentaire.
Gabriel Risold