Cercle scolaire du Val-de-Travers
Douze courts-métrages pour expérimenter les émotions
Appréhender les émotions au travers du cinéma. Mardi, les élèves de 4e année de l’École Jean-Jacques Rousseau ont pu expérimenter cela à Couvet dans le cadre de l’activité « le cinéma apprend à vivre », en collaboration avec La Lanterne magique. Le Courrier du Val-de-Travers a eu l’occasion de prendre un strapontin.
Chaque année, le Cercle scolaire du Val-de-Travers, en partenariat avec l’association La Lanterne magique propose à ses élèves de 4e, 6e, 8e et 10e années de découvrir les valeurs humaines et de vivre ensemble via le septième art. En début de semaine, au cinéma Colisée, s’est déroulée la projection destinée aux classes des plus jeunes avec au programme une suite de douze courts-métrages. « Nous allons parler de cinéma et d’émotions », explique en préambule Adeline Sterne médiatrice culturelle de l’association, avant d’interroger le jeune public sur les différences entre un film « chez soi » et au cinéma.
Le son, la taille de l’écran, sont évidemment évoqués par les élèves, mais, comme le rappelle la médiatrice, au cinéma, on ne fait pas d’autres choses « en même temps » et on visionne un film avec d’autres personnes. « Au cinéma, les émotions peuvent être partagées et elles y sont contagieuses ! », relève-t-elle, en soulignant que le septième art est le vecteur idéal pour les expérimenter. Afin d’expliciter cela, Adeline Sterne, appuyée d’une collègue, se prête à une petite saynète où cette dernière craint de ressentir les choses lors de projection, or il ne faut pas avoir peur de ses émotions lors d’un film.
Se préparer aux émotions de la vie
Avec l’appui de quelques extraits de films, les médiatrices décodent quelques mécanismes cinématographiques, musique, cadrage, rythme, visant à provoquer l’émotion aux spectateurs. « Mais si elle est trop forte, un bon moyen est de se dire que cela est fait exprès », précise la médiatrice. Car si le cinéma est un art magnifique pour se préparer à ressentir les grandes émotions de la vie, il faut parfois savoir mettre une distance et se rappeler que rien n’est vrai. Une fois cette précision faite, place aux projections. Douze courts-métrages hétéroclites, pouvant s’adresser soit aux petits ou à tous, drôles ou non. Dans les travées des rires s’élèvent, parfois des exclamations de stupeur ou d’étonnement.
Certains films poussent à la réflexion sur l’injustice, la colère ou le rapport à autrui. Une fois les lumières rallumées, les élèves semblent encore un peu captivés par cette suite de plus d’une heure bigarrée de courts-métrages. « Ils ont été braves et jusqu’au bout leur attention était forte », estime Adeline Stern. Pour la médiatrice, l’essentiel de cette séance est que les enfants puissent tester leurs émotions sans en avoir peur. La sélection se voulait dans ce que propose la Lanterne magique, soit des films divers où les élèves peuvent expérimenter leurs émois. « Chacun ressentira les choses différemment selon son vécu, comprendra les métaphores ou non », poursuit-elle, soulignant que même à cet âge-ci, la compréhension est bien plus vaste que l’on ne pourrait le croire. La médiatrice ajoute que si aujourd’hui beaucoup de visionnages de films se font à la maison et seul, le cinéma reste unique car, lors d’une projection, on partage les émotions avec les autres spectateurs. « Ce qui apporte une vraie richesse », conclut-elle.
Gabriel Risold