Charles Olivier, le plus gros transfert de l’été?
Durant 5 ans, il a été prêté au Val-de-Travers pour y déployer ses talents. Avant cela, il avait transité par Rome pour se perfectionner et « prendre de la bouteille ». Après 16 ans loin de sa base, et de son pays, il a été rappelé « chez lui » et il a quitté le pays il y a quelques heures de cela. Ce transfert au Cameroun devrait être le dernier dans la carrière de notre personnalité en question. Vous pensez qu’on parle d’un joueur de foot, peut-être ? Pas du tout, nous évoquons le parcours du prêtre Charles Olivier Owono Mbarga.
Cette comparaison avec le monde du ballon rond amuse beaucoup mon père. Non, pas le mien mais celui qui a officié comme tel au Val-de-Travers, entre 2018 et 2023. « En effet, il y a des similitudes entre le footballeur et le prêtre de ce côté-là. Mais je n’appartiens pas à un club mais à un diocèse et c’est à lui que revient le droit de guider ma carrière », évoque Charles Olivier. C’est dans cet esprit que les prêtres peuvent être prêtés à une région ou à un pays durant quelques années.
16 ans loin du Cameroun
Celui qui a vécu durant 31 ans au Cameroun était initialement venu pour un prêt de deux mois. Il est finalement resté 5 ans. Son évêque a décidé de le rappeler à lui cet été. « En comptant mes années passées à Rome, cela fait 16 ans que je suis parti de mon diocèse. Il a donc jugé que c’était assez et qu’il était temps que je rentre. » Une quinzaine d’autres prêtres de son diocèse camerounais sont actuellement en spécialisation à l’étranger (Allemagne, Italie, Suisse,…). Lors de son ordination, en 2004, Charles Olivier a déposé ses mains dans celles de son évêque et il lui a promis obéissance.
Souhaitait-il rester ?
Personnellement, regrette-t-il de ne pas avoir pu rester plus longtemps au Vallon ? « Je ne discute pas cette décision car je connais les règles du jeu. » Nous revoilà sur du lexique sportif. Alors, le joueur aurait-il apprécié avoir une prolongation de contrat ? « Disons que je n’aurais pas été contre le fait de rester un ou deux ans supplémentaires, oui. » En revanche, la comparaison avec le foot s’arrête là. N’allez pas croire qu’il est reparti avec mille richesses dans ses bagages. Le studieux prêtre n’a pris avec lui que des kilos de… livres !
De Yaoundé à Rome !
Ça peut surprendre mais cela s’explique très simplement grâce à son vécu. Charles Olivier Owono Mbarga a donc quitté le Cameroun à 31 ans, après avoir notamment étudié la théologie à l’université de Yaoundé. « Mon évêque m’a envoyé à Rome pour renforcer mes connaissances dans différents domaines. » Il s’est rapidement spécialisé dans la communication institutionnelle et sociale. Il a même terminé un doctorat en 2018. Son cas de prêtre Fidei Donum (envoyé en mission pour transmettre le don de la foi) n’est de loin pas singulier. Il est même révélateur de la situation actuelle.
Il devient… vice-recteur universitaire !
« Depuis le Concile Vatican II, dans les années 1960, beaucoup de prêtres africains sont envoyés en Europe pour y suivre les meilleures écoles de théologie. Et le système de prêt permet d’exporter un grand nombre de prêtres africains en Europe, qui en manque parfois. » Son successeur à la paroisse catholique du Val-de-Travers vient d’ailleurs du Congo. Christophe Mpevo a été engagé pour trois ans. Charles Olivier prêchera quant à lui désormais d’une autre manière puisqu’il a été nommé vice-recteur d’un institut universitaire catholique. « Il n’y a actuellement pas de théologie au programme, le projet est d’en faire une structure multidisciplinaire. » Et non pas une école de foot, rassurez-vous ! Charles Olivier n’a d’ailleurs pas changé de maillot, il porte toujours l’aube comme étendard universel.
Kevin Vaucher