« Johnny » a de l’idée !
André Chanez, dit Dédé, a de l’idée. Samedi soir, il avait promis de réveiller le quartier en se produisant sous le viaduc de Couvet. Harley-Davidson parquée, veste en cuir portée et lunettes noires sur le nez, tout était là pour que l’univers de Johnny Hallyday trouve un bon écho au pied du viaduc covasson. Une cinquantaine de spectateurs attendait impatiemment son entrée en scène. De loin, on entend soudain le temple qui sonne les 20 heures, c’est le moment ! 20 h 05, personne, 20 h 10 toujours rien, 20 h 20, la scène est désespérément vide ! Mais que fait Dédé ?
En attendant la star locale de la soirée, je m’intéresse à ceux qui sont venus le voir. Il y a principalement des fans de Johnny Hallyday, des connaissances de Dédé et quelques voisins qui ont été informés de l’événement par le Courrier. Une cantine et de la petite restauration sont à disposition. Il fait 6 degrés et une partie de l’assemblée a opté pour quelque chose de chaud dans l’espoir de se réchauffer. D’autres ont fait confiance au petit verre de rouge pour remonter leur température corporelle. Certains ont une touche de rockeur sur eux, comme cet habitant de Môtiers qui a mis une veste en cuir noir qui brille de mille feux. Ça le rajeunit de dix ans alors qu’il me confie qu’il a le même âge que son pote André Chanez (74 ans). Peut-être aurais-je dû sortir la mienne ?
« Il faut savoir se faire attendre »
Vous êtes assez jeune, vous n’en avez pas besoin,
m’envoie une femme se trouvant à proximité. Compliment validé ! Outre cet aspect vestimentaire, que peut-elle me dire sur sa présence ce soir ?
Ce qui me plaît dans le répertoire de Johnny, c’est qu’il a une chanson pour chaque étape de la vie et pour chaque personne. Ça va du Pénitencier à Sang pour sang et Pense à moi. C’est rare les artistes qui rassemblent autant. On en a encore la preuve ce soir.
Certes, le public est bigarré mais ce n’est pas Johnny qu’il attend mais son sosie qui se fait toujours attendre. De grandes photos du rockeur sont en revanche bien présentes au pied de la scène. À côté, se trouve la petite régie provisoire. Je vais aller aux nouvelles. Ne cherchez plus, j’ai trouvé Dédé !
Il faut savoir se faire attendre,
laisse-t-il filer en m’accueillant. Il n’a visiblement pas tort car les spectateurs commencent à scander son nom.
Les premières paroles tombent et…la technique le lâche !
Encore deux, trois minutes pour me chauffer la voix et j’y vais,
me dit-il en terminant son verre d’une traite. Rock and roll ! Le show peut commencer. Des spots, de la fumée et même trois petits projecteurs de flammes enveloppent l’atmosphère intimiste de cette soirée glaciale. Le Vallonnier peut enfin monter sur scène avec une demi-heure de retard. Son idole n’aurait pas fait mieux ! Dédé sort peu à peu de la fumée et il essaie de donner du poids à son interprétation en reprenant la gestuelle du chanteur. La chanson commence, les premières paroles tombent et… la technique le lâche ! Le son est morcelé par des coupures et son micro ne fonctionne pas bien. Le « Johnny du Vallon » reste malgré tout sur scène et assure plusieurs chansons. Après une vingtaine de minutes, une « pause technique » est demandée. Une partie du public n’assistera pas à la suite mais l’artiste remontera sur scène jusqu’au bout de la nuit ou presque. Si la passion avait un visage, ce devait peut-être bien être celui d’André Chanez qu’elle arborait samedi soir. Et avec un habillement musical encore plus soigné, « Johnny a de l’idée » se rapprochera un peu plus de Johnny Hallyday dans la forme.
Kevin Vaucher