Commerçants pris pour cibles
Vous avez probablement remarqué la présence policière accrue – ou du moins plus visible – en ce début de semaine. La police veille et elle a de « bonnes » raisons de veiller. Dans la nuit de dimanche à lundi, une série de commerces ont reçu une visite imprévue et surtout non désirée. Des voleurs se sont attaqués à leurs portes d’entrée avec plus ou moins d’habileté et de réussite.
Vitrines sprayées de l’intérieur
C’est à Fleurier que les malfrats d’un soir ont décidé d’agir prioritairement. Impossible de savoir encore dans quel ordre – et peu importe finalement – mais leur parcours les a emmené de l’Institut Fanya, au pub l’irlandais en passant par la crêperie Bach et Buck, la quincaillerie Jaquet et l’Apparente Aise. Bilan de leur virée interdite, un fond de caisse récolté à la quincaillerie et quelques centaines de francs chipés à l’Apparente Aise. Bien maigre ! Davantage que ces vols en eux-mêmes, c’est le fait de s’attaquer à des commerçants locaux, qui ont déjà bien souffert durant la pandémie, qui révèle la lâcheté profonde de ces actes.
Heureusement que c’est plutôt rare. Depuis que nous avons ouvert en 2015, c’est la première fois que ça nous arrive. Ça surprend,
nous dit-on à la quincaillerie Jaquet. Cette mauvaise surprise a été partagée par Sylvie Pomorski de l’Apparente Aise :
Mon propriétaire m’a appelé lundi matin pour me donner la nouvelle. Il est passé devant la boutique et il a vu que la porte avait été forcée. C’est du spray dégoulinant sur les vitres qui a attiré son attention. L’inspectrice en charge de l’enquête pense que les voleurs ont utilisé ce stratagème pour effacer les traces de leur passage.
Son magasin de vêtements était pourtant dotée d’une nouvelle porte tribloc sensée garantir une sécurité renforcée. Ce qui laisserait supposer la maîtrise d’une certaine technique d’effraction.
Les portes résistent à l’Insitut Fanya et chez Bach et Buck
Or, ce constat est contredit par ce qui s’est passé un peu plus loin. Les hors-la-loi n’ont réussi à forcer ni la porte de l’Institut Fanya ni celle de la crêperie Bach et Buck.
Pour être honnête, ils n’ont pas réussi à faire grand-chose ici ,
nous confirme-t-on à la crêperie à quelques jours de la Chandeleur.
On voit qu’ils ont tenté de forcer le passage mais notre vieille porte s’est avérée solide. Ça s’est passé après la fermeture, aux environs de 22 h – 22 h 30.
Au centre de beauté, la porte principale et celle de la coiffeuse Art Coiffure n’ont pas cédé sous les coups de pied de biche répétés.
Ils se sont bien acharnés mais faut croire que nous avons choisi de bonnes portes,
sourit la coiffeuse et barbière Axèle.
On va quand même les changer car ils ont fait des dégâts en insistant.
Niveau sécurité, l’Institut Fanya, qui a ouvert il y a quelques mois, a donc réussi son « épreuve du feu ».
Nez à nez patron-voleurs au Pub l’Irlandais
Alors au vue de ces faits, doit-on vraiment attribuer tous ces actes aux mêmes personnes ? Auraient-ils pu se partager en deux groupes pour sévir simultanément par exemple ? Cette hypothèse se tient dans la mesure où les deux commerces qui ont été forcés avec succès se trouvent à proximité l’un de l’autre. Ils auraient pu être victimes du groupe le plus doué des deux. Mais cela reste une hypothèse et c’est la police qui doit mener l’enquête aujourd’hui. Une cinquième « visite » a par ailleurs failli tourner en face à face au Pub l’Irlandais.
Les voleurs ont pu rentrer mais ils m’ont réveillé. Je ne sais pas depuis combien de temps ils étaient là quand je me suis levé mais ils n’avaient pas eu le temps de monter au 2e étage où je dors. Je ne les ai pas vus directement mais j’ai aperçu la lumière de leurs lampes de poche. Il était environ 1 h 15,
détaille Joël Bock. Les intrus n’ont alors pas eu d’autres choix que de décamper comme des lapins. Le patron a immédiatement appelé la police. Lundi, cette même police a fait le tour des établissements touchés et des empreintes ont été relevées à plusieurs endroits différents. Pour l’heure, les auteurs n’ont pas encore été identifiés mais peut-être que leurs traces parleront dans ces prochaines semaines. « Enquête en cours », comme on dit !
Kevin Vaucher