Conférence sur le génocide du peuple Tutsi au Rwanda
Dans le cadre de la semaine contre le racisme, en collaboration avec l’organisation graine de génie, graine de citoyen et Mme Zahra Banisadr, l’école Jean-Jacques Rousseau a eu la chance de se voir prêter l’exposition du Museum national de Paris « Nous et les autres, des préjugés au racisme ».
Les élèves de 10e et 11e années l’ont visitée et se sont ainsi penchés, avec leurs professeurs, sur le cas triste et difficile du génocide du peuple Tutsi au Rwanda.
Pour donner suite à ce travail scolaire, les élèves de 10e se sont rendus, jeudi matin 18 février dernier, à la salle Fleurisia, pour assister à un regard croisé entre Alain Ribaux, présent en tant qu’ancien juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda et Blandine Karebwayire, rescapée du génocide. Les élèves ont fait preuve d’une qualité d’écoute exceptionnelle, rendant hommage à la juste et poignante prestation des conférenciers.
Alain Ribaux, grâce à des mots choisis et adaptés aux enfants, a commencé à nous parler du Rwanda, pays vert aux mille collines, parsemé de lacs, de bananiers et de gorilles vivant à 4000 m d’altitude. Quel pays magnifique ! nous a-t-il dit.
Puis il nous a expliqué le contexte du massacre et comment de vives tensions politiques et citoyennes ont mené à l’assassinat du président rwandais (Hutu) le 6 avril 1994. Cette mort, aux origines toujours plus ou moins mystérieuses pour le tribunal international, fut reprochée au peuple Tutsi par le peuple Hutu et déclencha le génocide à leur encontre.
Blandine Karebwayire raconte dignement, avec force et résilience, ce qu’elle a vécu à 12 ans quand elle a vu son père massacré, respirant encore. Combien elle a prié plus tard dans la nuit, pour que le coup de feu entendu l’ait « fini » afin qu’il ne souffre plus. Comment elle a réussi à échapper à la mort malgré le coup de machette reçu sur la tête. Comment elle a vu son frère partir pour se faire exécuter par ses amis d’enfance, des voisins… Son discours n’est pas larmoyant, elle explique les horreurs avec une certaine forme de compassion pour les « tueurs ». Elle ajoute qu’ils avaient eu un lavage de cerveau et qu’elle ne sait pas ce qu’elle aurait fait à leur place…
Alain Ribaux reprend la parole pour donner des informations sur l’enquête qu’il a menée sur place et raconte des anecdotes.
Certes les mots sont durs mais à la fin, il flotte dans la salle un parfum d’amour et de compassion. C’est alors, avec bienveillance, que les élèves ont pris la parole pour poser des questions. « Les gens ont-ils eu des funérailles ? », « Est-ce que vous êtes déjà retournée au Rwanda ? », « Est-ce qu’un Hutu peut se marier avec un Tutsi ? », « Comment le génocide est-il abordé dans les écoles aujourd’hui ? »…
Plusieurs retours de parents, d’élèves et même d’enseignants, tous positifs, montrent à quel point ils ont été touchés par cette matinée et combien il est important, chaque jour, de se battre pour la liberté et le respect de chacun. Quelle belle leçon de vie !
Pauline Landry