Conseil général de Val-de-Travers
La droite impose des économies au Conseil communal
Lundi soir, le Conseil général de Val-de-Travers a accepté un budget 2024 déficitaire après un débat fleuve et un amendement libéral-radical exigeant 800’000 francs d’économies qui a clivé le législatif.
Il aura fallu près de deux heures de débat et deux suspensions de séance aux conseillers généraux de Val-de-Travers pour valider le budget 2024. À l’origine, celui présenté par le Conseil communal affichait un déficit de 2.3 millions de francs et n’était pas « inacceptable » au regard de l’exécutif. Néanmoins, en réponse aux amendements déposés par les groupes politiques, ce dernier proposait « plusieurs améliorations budgétaires », 500’000 francs d’économies et 100’000 francs de hausse du revenu sur l’impôt de travailleurs frontaliers, via un amendement. Dès les premières prises de parole des groupes, le clivage gauche-droite fut flagrant.
Le PLR, par la voix de Céline Rufener Eschler, alertait sur les « conséquences néfastes » à long terme de budgets déficitaires et militait pour son amendement de 800’000 francs d’économies, condition sine qua non pour accepter ce budget. « Une fois de plus notre commune veut vivre au-dessus de ses moyens », avançait l’UDC, Christiane Barbey en jugeant l’effort de l’exécutif insuffisant et saluant la proposition du PLR. À gauche, si personne ne se réjouissait de ce budget, le socialiste Emil Margot estimait que son groupe pouvait s’en satisfaire et que « la politique ambitieuse de la commune » méritait d’être soutenue. Pour les Verts, Sergio Santiago relevait que des améliorations devaient être entreprises, mais sans mesure d’austérité « obtuse ».
Refus d’une voix
Conseiller communal en charge des finances, Frédéric Mairy a argué que l’amendement de l’exécutif s’approchait de l’objectif du PLR et regretté que celui de ce dernier ne fasse aucune proposition précise, obligeant uniquement le Conseil communal à réduire les charges de 800’000 francs. « Un budget ne se construit pas en sens inverse », a-t-il expliqué, en soulignant que cet amendement faisait peser sur le Conseil communal des décisions qui sont les prérogatives du législatif. Après une suspension de séance, Emil Margot annonçait que le Parti socialiste était prêt à accepter l’amendement de l’exécutif, tout en déplorant le manque de proposition en commission de la part de la droite, le procédé « peu démocratique » et peu courageux du PLR. Le POP et les Verts rejoignaient la position du PS.
Soumis au vote, l’amendement du Conseil communal fut refusé pour une voix, 19 non contre 18 oui et 2 abstentions. Lors de l’examen de celui libéral-radical, le chef des finances a regretté la position du PLR et rappelé que les 300’000 francs supplémentaires voulus par le PLR ne représentaient que 0.4% du total des charges et le « problème de fond » de la proposition. « Un montant qui reste assez anecdotique alors que cela remet en question le mode d’établissement et d’acceptation du budget », a ajouté Frédéric Mairy.
Patate chaude à l’exécutif
L’écologiste Sergio Santiago jugeait que l’intransigeance du PLR obligeait à un « contorsionnisme intellectuel », tandis que le socialiste Emil Margot s’interrogeait sur la défiance du PLR face à sa propre majorité au Conseil communal. Le popiste Philippe Vaucher se disait « gêné » que le plus grand parti de l’hémicycle ne puisse présenter de propositions concrètes et qu’il se contente de « refiler la patate chaude au Conseil communal ».
La gauche interpella à plusieurs reprises le PLR sur la nature des coupes budgétaires souhaitées, tout en insistant qu’elle s’opposerait à des mesures visant l’octroi de l’échelon salarial ou l’indexation des salaires.
En réponse, le PLR précisa uniquement que les 135 propositions faites dans le cadre de la commission budgétaire constituaient déjà « une feuille de route » pour l’exécutif. Finalement, l’amendement PLR fut accepté par 22 oui contre 15 non et 2 abstentions. Le budget amendé fut, lui, accepté par 23 oui, contre 14 non et 2 abstentions. Au sortir de la séance, Frédéric Mairy indiquait que le Conseil communal ne chercherait pas à toucher à l’indexation ou à l’échelon salarial, ni aux salaires des collaborateurs communaux et qu’il appliquerait déjà les améliorations proposées.
Deux crédits acceptés
Lundi soir, le Conseil général a aussi validé deux demandes de crédit de l’exécutif. La première de 302’000 francs pour la mise aux normes LHand de 8 arrêts de bus de priorité 2 et la seconde, de 360’000 francs, pour l’achat du mobilier nécessaire pour les projets de construction préscolaires et parascolaires de Longereuse, Couvet et Môtiers.
Gabriel Risold