Cora
Enfin « une vraie inauguration officielle »
Le week-end dernier, le Cora a convié la population du Val-de-Travers à ses portes ouvertes et à l’inauguration officielle de ses nouveaux locaux à Fleurier. Un nouvel espace, réunissant le Bric-à-brac, le Bric-café et les bureaux de l’association, ouvert depuis 2021 mais qui, à cause de la pandémie, n’avait jamais eu droit à une cérémonie en bonne et due forme. C’est désormais chose faite.
Ses nouveaux locaux, rue du patinage 1 à Fleurier, le Centre œcuménique de rencontre et d’animation, ou plus simplement le Cora, les occupe depuis plus d’une année, mais jusqu’alors aucune inauguration digne de ce nom n’avait pu se tenir en raison de la pandémie de Covid-19.
Nous avions fait deux petites choses, en décembre 2020 et en mai 2021. Enfin, nous avons une vraie inauguration officielle,
sourit Alexis Boillat, président de l’association, heureux que ce manquement soit désormais comblé. Ainsi, même si une grande partie des habitants du Val-de-Travers connaissent déjà les lieux, ils étaient nombreux à les visiter, samedi dernier, lors des portes ouvertes et à assister à la cérémonie et aux différentes allocutions des invités.
Même hier (ndlr : vendredi 19 août), ça n’a pas arrêté de défiler,
complète Alexis Boillat, avant d’accueillir de nouveaux visiteurs.
Dès 10 h, le Bric-café se remplit rapidement et certaines personnes flânent entre les étagères du Bric-à-brac. D’autres découvrent pour la première fois le nouvel espace et laissent échapper à demi-voix quelques exclamations en découvrant la grande salle Joly et l’aménagement des lieux. Une certaine effervescence se ressent et qui n’est en rien contrecarrée par la météo mitigée de la matinée. Le président du Cora et sa directrice Christelle Isler accueillent les visiteurs en leur présentant les différents bénévoles de l’association, car au-delà d’inaugurer officiellement ces nouveaux locaux en présence notamment de Frédéric Mairy, conseiller communal en charge du dicastère de l’économie, des finances, de la cohésion sociale et de la santé et de la conseillère d’état Florence Nater, cheffe du département de l’emploi et de cohésion sociale, cette journée était avant tout celle de ces bénévoles quotidiens sans qui le Cora ne pourrait exister.
Lieu où « la langue du cœur » s’exprime
À l’heure des discours, cet exceptionnel investissement bénévole fut mis en valeur par les oratrices et orateurs de la cérémonie. En président de l’association, Alexis Boillat a présenté chacune et chacun par un mot-clé différent : « impulsion » pour Daniel Devenoges, diacre et instigateur parmi d’autres du Cora en 1978, « ancrage régional » pour la commune de Val-de-Travers représentée par Frédéric Mairy, « bénévolat » à l’égard d’Isabelle Girod, présidente de Bénévolat Neuchâtel et « reconnaissance cantonale » envers Florence Nater. Durant son introduction, Alexis Boillat a lu à l’assemblée présente les mots adressés par lettre de Friedrun Burkhalter, marraine de ces nouveaux lieux, et de cette « nouvelle maison du Cora », où l’on « parle surtout la langue du cœur ». Sur ces « magnifiques paroles » de Madame Burkhalter, le président de l’association a laissé la place aux autres intervenants et intervenantes.
En tant que poseur « de la première pierre », Daniel Devenoges a rappelé au public l’origine du projet en 1978, la volonté entre les paroisses catholique et protestante de répondre à « des lacunes » pour œuvrer en commun aux besoins « des aînés, des isolés et des enfants ». Une réflexion, au sein d’un comité commun qui aboutira à la création du Cora. Sur le ton de la plaisanterie, l’ancien diacre s’est extasié sur « la magnifique et nouvelle structure » de l’association, alors qu’à l’époque on lui avait dit « que le Cora n’avait pas d’avenir ». Une petite pique envers d’anciens détracteurs, qui a fait rire le public. Dans son intervention, Frédéric Mairy a aussi convoqué les souvenirs, en se remémorant ses années de jeunesse où les locaux du Cora étaient les seules accessibles à la jeunesse en dehors des cafés et où il prenait plaisir à venir y jouer au baby-foot ou au billard. Le conseiller communal a souligné, un « lieu vivant » qui participe au développement d’une région et qui a su évoluer avec son temps grâce notamment à un investissement bénévole qu’il a tenu à remercier.
« Modèle » pour la cohésion sociale
Pour sa part, Isabelle Girod, de Bénévolat Neuchâtel, a souhaité également mettre en exergue l’engagement bénévole au sein du Cora, association où s’exprime parfaitement,
la loi du don et du contre-don,
un lien social dans lequel donner, recevoir et rendre s’imbriquent, et qui créent un cercle précieux pour la société dans sa globalité. Lors de sa prise de parole, Florence Nater a aussi axé son discours sur l’apport social de l’association. La conseillère d’état a qualifié le Cora de
bel exemple intergénérationnel de lieu d’entraide, de solidarité, multiple et créatif
et voyait dans cette structure « un modèle » pour la cohésion sociale. Sa présence à cette inauguration des nouveaux locaux du Cora touchait particulièrement la conseillère d’état en charge de la cohésion sociale.
Il y a plusieurs années, alors qu’elle travaillait pour l’association neuchâteloise d’accueil et d’action psychiatrique (Anaap), Florence Nater avait œuvré en collaboration avec le Conseil communal d’alors en faveur d’un projet d’antenne de cette association au sein des locaux du Cora, ce qui est le cas aujourd’hui. La conseillère d’état a rappelé qu’une telle association « s’inscrit dans sa vision » que malgré les parcours de vie, « chacun a des ressources à offrir ». Pour finir, Florence Nater, comme sa et ses homologues, a souhaité longue vie au Cora, qui « entretient des valeurs qui sont au cœur du vivre ensemble et de notre société ». Une conclusion accueillie par les applaudissements. Puis, les deux dernières directrices, Kelly Paraiso et Marlyse Castellani, près de trente années de direction à elles deux du Cora, ont révélé au public la plaque remerciant les nombreux sponsors de l’association. Après ce dernier acte officiel, place était à la célébration, avec vin d’honneur, restauration et un après-midi festif et jovial avec notamment des chants de la chorale de l’école Jean-Jacques Rousseau. Soit, une inauguration en bonne et due forme.
Gabriel Risold