Culture
Trouble A se dévoile entièrement
Fin octobre, le Courrier du Val-de-Travers hebdo révélait, en primeur, le projet du festival Trouble A. Ce jeudi 8 décembre, les membres de l’organisation et la marraine du festival, Carolina Katún, présentaient à la presse les atouts et le programme de la manifestation.
Il y a deux mois, Patrice Jeanneret, l’initiateur du projet du festival de musique Trouble A, n’avait souhaité avancer aucun nom d’artiste, ni préciser les détails de son organisation ou de son budget. Tout juste avions-nous su que la programmation du nouveau festival serait « 100% suisse », qu’il comporterait deux scènes, qu’il s’étendrait sur trois soirs et qu’il avait pour marraine l’autrice-compositrice-interprète mexico-neuchâteloise, Carolina Katún.
Ce jeudi 8 décembre, Trouble A levait le voile en présentant officiellement sa programmation et les caractéristiques du festival qui se tiendra les 6, 7 et 8 juillet prochain sur le terrain des Lerreux, à Fleurier. Et la promesse d’artistes de qualité et d’importance, uniquement suisses, est tenue. En tête d’affiche, les membres de l’organisation, Patrice Jeanneret, désormais directeur du festival, et Olivier Fahrni, président de l’association Trouble A et coresponsable des finances, annoncent la venue du chanteur bâlois Zian, du groupe biennois Pegasus et du duo romand Aliose.
« Palette » de « premier plan »
À ces trois têtes d’affiche de chaque soir s’ajoutent, sur la grande scène couverte « Artemisia » de 3000 places, les noms de Joya Marleen, Saint-Galloise au pop-folk contagieux, du duo franco-romand Carrousel, du groupe de rockabilly Hillbilly Moon Explosion, et du musicien reggae neuchâtelois Junior Tshaka, qui sera un deuxième « régional de l’étape » après la marraine du festival, Carolina Katún. Un ou une artiste « surprise » sera encore dévoilé·e, en mai prochain par l’organisation. « C’est une palette résolument pop-folk-rock avec des artistes suisses de premier plan », relève Olivier Fahrni, en soulignant que la scène actuelle helvétique est « chaude-bouillante » et que Trouble A réussit à attirer « ce qui se fait de mieux en Suisse ». La seconde scène, nommée « l’Heure bleue », accueillera d’autres artistes et groupes suisses en devenir ou connaissant déjà le succès régional ou national (lire encadré).
Du jeudi au samedi, de 15 h, ouverture des portes, à 1 h 30, fin des concerts, c’est une partie de la crème musicale helvétique qui se produira à Fleurier. « L’espoir, c’est que le terrain des Lerreux soit, durant 72 heures, le centre musical de la Suisse ! », clame, avec un sourire, Olivier Fahrni. Pour autant, ce dernier souligne que les tarifs se veulent raisonnables. « Nous souhaitons montrer que la qualité peut être à des prix ‹ doux › », explique-t-il. En promotion jusqu’à fin décembre, le « pass 3 jours » adulte est à Fr. 110.-, à partir de janvier il sera à Fr. 120.-, et au-delà à Fr. 130.-. Les treize-seize ans bénéficient aussi d’un prix préférentiel. Les billets pour une soirée se montent à Fr. 48.- par adulte et à Fr. 38.- pour les 13-16 ans. Jusqu’à douze ans, l’entrée est gratuite en étant accompagné d’un adulte et pour l’accompagnant d’une personne à mobilité réduite l’entrée est gratuite.
Un demi-million de budget
Avec ces tarifs abordables et la qualité de la programmation, Trouble A espère attirer au minimum 2000 festivaliers par soir, avec comme objectif maximal les 3000. Les organisateurs ne ciblent pas uniquement le public romand mais aussi la Suisse alémanique proche et la France voisine. Pour la gestion du flux de festivaliers, des négociations sont déjà en cours avec TransN pour des trains spéciaux depuis Neuchâtel et des navettes entre les villages du Vallon.
Des contacts ont été également pris avec le camping de Fleurier pour une possible collaboration. Surtout, Patrice Jeanneret et le comité, souhaitent une organisation professionnelle malgré le caractère bénévole de l’organisation. L’accueil des artistes sera « soigné », la Commune de Val-de-Travers mettant à disposition la salle de gym adjacente pour les loges, en plus du terrain des Lerreux et du parking de Longereuse. La sécurité est aussi une priorité des organisateurs. Les samaritains du Val-de-Travers seront évidemment impliqués durant le festival, tout comme divers acteurs de prévention.
Le comité de Trouble A s’appuie sur un budget entre 450’000 et 500’000 francs, majoritairement financé par la billetterie et les sponsors, dont nombreux sont locaux, à l’instar par exemple de Goût & Région, et aideront, grâce à leurs compétences, l’organisation. « Nous conservons notre ADN 100% suisse ; notre encrage local et régional avec ces partenaires », complète Olivier Fahrni. Le coresponsable des finances indique que tant les réservations de billets que le système de paiement « cashless » aux bars, se feront via des plateformes suisses. En effet, Trouble A souhaite « vivre avec son temps », ainsi, l’argent liquide ne sera possible qu’auprès de la dizaine de points de vente de nourriture, dont notamment plusieurs food trucks. Conformément à la législation cantonale, uniquement de la vaisselle réutilisable sera mise en place.
Appel aux bénévoles
Qui dit festival dit bénévoles, et le comité de Trouble A souhaite lancer un appel. « Sur les trois soirs, nous tablons sur 200 à 300 bénévoles », estiment Patrice Jeanneret et Olivier Fahrni, en insistant sur les contre-prestations que recevront ceux-ci : repas, boissons, tee-shirt de staff et entrée pour une journée. Les inscriptions des intéressés peuvent se faire sur le site du festival. Un site internet qui est mis en ligne aujourd’hui et qui permet également les réservations de billetterie.
Marraine du festival, Carolina Katún, autrice-compositrice-interprète, a joué quelques morceaux devant la presse. Prélude de la qualité musicale de juillet prochain, car, force est de constater que cette scène suisse, déjà établie ou émergente, possède du talent. Et c’est là peut-être tout l’honneur de ce nouveau festival, celui de la mettre en avant. Cet événement d’ampleur fera-t-il rayonner Fleurier et le Val-de-Travers, loin à la ronde ? Réponse l’été prochain, néanmoins, quoi qu’il en soit, les organisateurs rêvent déjà d’une deuxième édition.
Renseignements et informations sur : www.trouble-a.ch
Gabriel Risold