Un club, mille pattes !
En Suisse, plus de 550ʼ000 chiens ont été répertoriés en 2022. Quelque 12ʼ000 dʼentre eux se baladent dans notre canton. Et le Val-de-Travers est la région neuchâteloise qui a le ratio le plus élevé de chien par habitant, à en croire les données statistiques sur le sujet. Pas besoin dʼétude pour lʼaffirmer dʼailleurs, un simple coup dʼœil au club de cynologie du Val-de-Travers suffit. Le domaine sʼétant largement féminisé, les membres sont en augmentation constante, et les cours dʼéducation pour nouveaux propriétaires sont bondés.
Pour ceux qui sont restés sur lʼimage dʼune cynologie très masculine, avec uniquement des bergers allemands programmés comme chiens de défense, va falloir revoir votre copie. Même si le club sʼapprête à célébrer ses 50 ans (création en 1973), cet univers a énormément évolué durant les dernières décennies. Les jeunes, et spécialement les femmes, sʼy sont fait une place. Vous voulez une démonstration ? Au sein du comité de sept personnes de la cynologie du Val-de-Travers, cinq membres proviennent de la gente féminine. La présidente Aurélie Bernasconi et sa comparse Jessica Wyss naviguent dans cet environnement depuis plus de vingt ans. Elles ont été les témoins privilégiés de ce changement de paradigme.
Ca tourne 6 jours sur 7
Nous avons des cours six jours sur 7, dont le week-end. Surtout, il y a plusieurs groupes différents, tout ne tourne plus autour dʼobéissance pure. Nos treize moniteurs proposent des séances de sport-plaisir en binôme, de lʼagility, de la sociabilisation de chiots, des cours de comportements en milieu urbain et des cours obligatoires pour nouveaux propriétaires de chiens. On fait vraiment beaucoup dʼéducation. On doit parfois enchaîner deux sessions à la suite le mardi soir pour pouvoir répondre à la demande. Cʼest beaucoup pour nous tous, qui sommes bénévoles, mais ça prouve la bonne vitalité du club,
déploient les deux copines quarantenaires.
Des membres qui participent
Le club voit le nombre de ses membres augmenter année après année. Ils sont 161 à lʼheure actuelle. De quoi faciliter grandement la vie du club.
On a organisé notre concours annuel dʼagility il y a quelques jours et nous avons reçu 180 participants. Nous avons eu aucun problème à mobiliser une septantaine de bénévoles sur le week-end. On ne pense pas que lʼinvestissement personnel est quelque chose qui se perd. En revanche, il faut une bonne dynamique pour que chacun ait envie de donner un coup de main pour participer à cet élan.
Pour ça, il faut mettre les personnes aux bonnes places.
La maturité, sans être dépassées
Aurélie et Jessica faisaient déjà partie du club quand elles avaient 18 ans. Elles ont donc pris le temps dʼapprendre avant de prendre des responsabilités. Sans pour autant attendre dʼarriver à la retraite. Cʼest ce qui permet dʼapporter des idées nouvelles au comité aujourdʼhui et de créer une saine émulation. Elles donnent beaucoup de leur personne aussi. Jessica participe au moins à un concours dʼagility par mois avec son malinois Oxa par exemple.
Le monde canin, cʼest quelque chose que je mûris en moi depuis petite. Mon papa, ancien pisciculteur à Môtiers, avait un chien de garde sur son lieu de travail mais nous nʼen avions aucun à la maison. Cʼest peut-être pour ça que je ne vois plus ma vie sans chien aujourdʼhui.
Les parents suivent les enfants
Tombée dedans dès ses 13 ans, Aurélie a également fait beaucoup de compétition. En plus, elle a souvent travaillé avec des chiens de catastrophe (recherche en montagne,…) avant de lever un peu le pied et dʼêtre beaucoup dans le management. Apparemment, elle est douée puisque même ses parents ont adhéré.
Il y a quelque chose de marrant dans ma famille. Cʼest moi qui ai converti mes parents à cette passion. En général, cʼest plutôt lʼinverse, les enfants suivent la trace des grands.
On le voit, les deux Vallonnières sont donc bien armées pour former les binômes propriétaire-animal du Val-de-Travers. Pourtant, certains rechignent encore à venir les « voir ».
« Respecter son chien, cʼest lʼéduquer ! »
Malheureusement, il y en a qui pensent faire juste et qui font faux depuis plusieurs années. Cʼest ce qui crée parfois des problèmes avec les coureurs ou les cyclistes par exemple. Respecter son chien, cʼest lʼéduquer.
Le test est simple, si votre chien court après un sportif, cʼest quʼil ne vous obéit pas. Alors, il doit être tenu en laisse. Logique ! Si beaucoup de propriétaires se demandent ce que leur chien leur apporte, (trop) peu sʼinterrogent sur ce quʼils peuvent lui apporter en retour. Et on ne parle pas de lui rapporter la balle…
Kevin Vaucher