Echographie du festival Trouble A, sept jours avant sa naissance !
Depuis lundi 26 juin, un énorme chapiteau est en train de naître sur le terrain des Lerreux, situé à-côté de la station service Grenacher. Il fait 2560 mètres carrés de surface. « C’est 1000 mètres de plus que ce qui était prévu initialement », déploie Patrice Jeanneret. Le président du Festival Trouble A poursuit : « Nous avons conclu un partenariat avec les organisateurs du Comptoir qui utiliseront le même chapiteau pour leur événement. Et ils ont besoin d’une plus grande surface que nous, ce qui explique cette extension. » Le prochain Comptoir du Val-de-Travers prendra donc forme aux Lerreux, du 1er au 10 septembre prochains. Avant cela, c’est l’équipe de Trouble A qui y prendra ses quartiers, 21 mois après que cette idée de festival 100% helvétique ait germé dans l’esprit de ses « géniteurs ». C’est forcément un moment émouvant pour Patrice Jeanneret :
Les Lerreux, idéal car spacieux et proches de la gare
L’un des membres du comité le plus concerné par la mise en place du grand chapiteau est Denis Cherbuin. Le responsable des infrastructures est heureux de voir se concrétiser ce qu’il avait vu sur plan jusqu’à cette semaine. Mais ce grand chapiteau ne représente qu’une partie de ce que sera le festival Trouble A. « Nous avons tout l’espace open air à créer, les cuisines et le grand bar central à installer. Sans même parler des zones d’accueil et du reste. » Les parking de Longereuse, de Vaucher Manufacture et de la patinoire de Fleurier seront à disposition des visiteurs. Des trains spéciaux, en direction de Neuchâtel, et des bus supplémentaires (pour le Val-de-Travers) seront mis en place sur l’ensemble des 3 jours. On fait le point avec Denis Cherbuin :
Comment attirer des artistes avec un petit budget ?
Le budget de Trouble A se veut « très raisonnable » : 500’000 francs ! « La programmation 100% suisse a essentiellement été choisie afin de nous démarquer des autres festivals. Mais c’est aussi un bon moyen de limiter les coûts », reconnait volontiers Patrice Jeanneret. Il n’y a pas photos par rapport à Festineuch (4.2 millions), le Chant du Gros (3.5) ou le géant Paléo (27 mio). Pour survivre et continuer à « être dans le coup », les festivals n’ont souvent pas le choix de voir plus grand car le cachet des artistes a explosé ces dernières années. Patrice Jeanneret et son comité ont dû trouver d’autres arguments pour réussir leur programmation :
Les cordons de la bourse
700’000 francs pour une star anglo-saxonne
Festineuch consacre 1.4 millions pour le cachet des artistes alors que le Paléo sort une enveloppe de 4.5 millions pour attirer de « gros poissons » chaque année. Avec l’avénement des plateformes comme Spotify, l’importance des festivals n’a cessé de croître dans les revenues des artistes. Les spécialistes du milieu estiment à 10% l’augmentation annuelle des cachets des têtes d’affiche, passant par exemple de 40’000 à 400’000 en dix ans. Cela fait forcément mal aux organisateurs d’événements « live ». Les grosses stars anglo-saxonnes ne se déplaceraient plus à moins de 700’000 francs la prestation. Pour les autres artistes internationaux reconnus, cette limite démarrerait vers 300’000 à 400’000 francs.
Kevin Vaucher