Festival de la Chapelle aux Concerts
La 10e édition a tenu « ses promesses »
C’était à Couvet, le soir du concert d’ouverture… et les responsables du Festival de la Chapelle étaient confiants. La fête du 10e anniversaire avait bien commencé la veille, au Colisée, réunissant une cinquantaine de personnes autour des images de « Tous les matins du monde » et du son de la viole de gambe. Le surlendemain, à l’heure de dire au revoir, une flûte de Mauler à la main, la joie surpassait la fatigue !
Quelques chiffres aideront à tirer un premier bilan du festival 2023. L’offre ? De jeudi à dimanche, 1 film, 8 concerts, 10 heures de musique. Les artistes ? Dix « Solistes de demain », en début de carrière ou en études avancées, dont 5 ont étudié avec Marc Pantillon à Neuchâtel (HEM-Genève) ou Lausanne (HEMU) ; le très jeune lauréat du concours Piano Neuchâtel Val-de-Travers ; 7 professionnels confirmés. Huit femmes, 10 hommes, 25 filles et garçons « solistes d’après-demain ».
Les instruments ? Dix différents : viole de gambe (au cinéma), piano, violon, alto, violoncelle, contrebasse, harpe, flûte, clarinette, accordéon et percussions. Quatre solistes (piano, harpe), 2 duos (piano 4 mains, flûte-piano), 2 trios (clarinette-violoncelle-piano, violon-piano-violoncelle), 1 quatuor à cordes, 1 ensemble de 25 enfants (cordes, piano, harpe, accordéon, percussions). Le grand piano Bösendorfer, instrument phare, était en excellente et diversifiée compagnie.
Les œuvres jouées en concert ? Du baroque à aujourd’hui, 21 compositeurs, la part belle au 20e siècle. Impossible de tout citer, difficile de dégager des temps forts, vu l’excellence des prestations, l’intensité de l’émotion suscitée. Un classique dont on ne se lasse pas : la Fantaisie de Schubert au piano 4 mains. La perfection d’un quatuor : Mendelssohn. L’exploration d’un instrument : la harpe. Une découverte : Mel Bonis au piano, Chostakovitch en trio. L’audace du jeune virtuose : Liszt et Ligeti. La musicalité de l’enchaînement Bach-Schumann. Le duo Pantillon. La danse joyeuse des Ministrings…
Le public ? De nombreux habitués, un noyau d’une vingtaine de fidèles qui ne veulent rater aucune note et des auditeurs d’un ou deux jours. Ces mélomanes viennent du Vallon, d’ailleurs dans le canton, de Sainte-Croix et même de Vienne (une belle surprise : ce couple tenait à entendre le Quatuor Sine Nomine). Une nouveauté à renouveler : 6 résidentes du Home Dubied sont venues écouter les récitals du dimanche après-midi. La Chapelle aux Concerts peut accueillir 120 personnes, le festival l’a occupée en moyenne aux deux tiers. Les Solistes de demain attirent de plus en plus d’auditeurs chaque année ; le duo Pantillon et les Ministrings ont fait le plein. Avec la soirée cinéma, le total frôle les 700 présences pour 9 prestations.
Un regret, cependant, la difficulté d’attirer le jeune public de la région. (Il faut le rappeler : l’entrée est gratuite pour les enfants et les jeunes en formation, à prix modique pour le grand public). Toutes et tous, artistes et public, ont savouré le plaisir retrouvé de vivre la musique ensemble, en direct, dans un lieu décidément agréable et adapté à l’événement.
Merci à notre public, aux musiciennes et musiciens. Merci aux bénévoles, notamment aux présentateurs Vincent Adatte pour le film du jeudi, Katja Avdeeva pour le lauréat de Piano Neuchâtel Val-de-Travers, Jean-Patrice Hofner et Marc Pantillon pour le festival et les Solistes de demain, à la rédactrice des notes de programme Mary-Jane Steinmetz. Merci à nos partenaires et à nos sponsors. Sans eux, rien ne serait possible.
En conclusion, le Festival 2023 a tenu ses promesses, l’anniversaire de la Chapelle a été dignement fêté. Rendez-vous dans un an ! Pour l’instant, place à la saison 2023-2024 : deux pianos et une clarinette, le chœur In illo tempore, un duo flûte-piano de jeunes talents.
C’était à Couvet, le soir du concert de clôture… les responsables du festival étaient heureux. Passion musique !
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