Commune de Val-de-Travers
Feu vert aux feux bleus des « Ambulances des vallées neuchâteloises »
Vendredi dernier, cinq jours après le législatif de Val-de-Ruz, le Conseil général de Val-de-Travers a, à son tour, débattu de la création de l’entité « Ambulances des vallées neuchâteloises ». Malgré des échanges vifs et clivés, les conseillers généraux ont approuvé largement le projet, non sans exiger certaines garanties.
La constitution de l’entité « Ambulances des vallées neuchâteloises », à l’ordre du jour de la séance du Conseil général du 24 juin dernier, laissait présager d’un intense débat et cela fut le cas. Toutefois, ce point fut déjà à l’origine de modifications de cet ordre dès l’ouverture de la séance, le Conseil communal reportant, à la demande des syndicats et de la commission du personnel, en septembre le point 8 concernant la procédure de suppression de postes au sein de l’administration communale, éléments liés au projet ambulancier, puisque des négociations sont encore en cours. Autre modification, la déposition « en urgence » d’un postulat du Parti socialiste qui visait à obtenir des garanties sur la nouvelle entité ambulancière, soit une transparence sur sa gestion et de bonnes conditions dans l’accompagnement du transfert des employés, de travail et de prévoyance. Un postulat similaire à celui déposé par les socialistes de Val-de-Ruz sur ce même objet et accepté.
Devant l’assemblée, Benoît Simon-Vermot a rappelé le caractère particulier du dossier mené «main dans la main» par deux communes et les intérêts financier, politique et sanitaire du projet. Lors des prises de parole des groupes, le PLR, par Daniel Otth a précisé que le dossier recevrait le soutien de la grande majorité de son parti et a souligné que cette nouvelle entité assurerait une qualité et une proximité d’un service essentiel. L’UDC et le groupe Agora se déclaraient également en faveur du projet présenté. Sans surprise, l’opposition s’est manifestée à gauche. Par la voix d’Adriana Ioset, le POP a déploré « une morale néolibérale » qui vise à réduire l’état et les « acquis sociaux gagnés » et un « pragmatisme » qui dilue les convictions politiques. L’élue a aussi critiqué une politique qui veut faciliter la privatisation « de tous les services communaux ».
À quand l’externalisation de notre exécutif ?,
a-t-elle ironisé.
Communication et gouvernance
Son collègue de parti, Philippe Vaucher a relevé la manière étrange de communiquer de la commune soit via la presse sans informer au préalable le législatif. De plus, il a estimé que ce projet risquait de péjorer la sécurité sanitaire et que dans celui-ci, seul Val-de-Ruz avait « tout à gagner ». Les Verts ont ciblé le choix de conserver le statut d’une Sàrl et non le domaine public par un syndicat intercommunal, ainsi qu’un modèle de gouvernance « peu convaincant ». Le Parti socialiste, par la voix d’Emil Margot a aussi notifié son scepticisme face au statut de Sàrl et une gouvernance qui risquerait d’être peu transparente. Le socialiste s’est inquiété également des futures conditions de travail, de prévoyance et d’assurance des employés du Service des ambulances du Val-de-Travers dans une entreprise privée. L’élu a précisé que la décision de son groupe d’accepter ou non le projet dépendait de l’accueil réservé par le législatif au postulat déposé.
Après une suspension de séance de cinq minutes durant laquelle le groupe socialiste a sondé les autres partis et s’est assuré d’une majorité de soutien à son postulat, le Conseil général a pu voter l’entrée en matière par 32 oui et 3 oppositions et a accepté à une large majorité les trois arrêtés permettant la constitution des « Ambulances des vallées neuchâteloises ». Soumis au vote, le postulat socialiste, qui n’était pas combattu par le Conseil communal, a été accepté à l’unanimité. Malgré des débats clivés, c’est un certain pragmatisme qui s’est imposé vendredi dernier. La séance s’est conclue par les élections tacites de Florian Dreyer à la présidence du Conseil général, de Niels Rosselet-Christ au poste de 1er vice-président, de Gloria Dias de 2e vice-présidente et de Cécile Mermet Meyer à celui de secrétaire.
Gabriel Risold