Foire d’automne de Couvet
Comme au bon vieux temps
Vendredi passé, c’était foire à Couvet. Comme très souvent pour cet événement d’automne, il a fait beau et les Vallonniers ont retrouvé le réflexe de s’y retrouver. Mieux encore, alors qu’il était encore interdit de consommer sur place il y a quelques mois lors du rassemblement de printemps, les terrasses ont retrouvé leur place. Preuve que ce retour était attendu, beaucoup avaient prévu la veste pour pouvoir jouer les prolongations en plein air. Unique bémol pour certains : les élèves qui n’ont pas été libérés de leurs obligations scolaires à cette occasion.
Placé idéalement en milieu de foire, le petit stand des sœurs Maude et Aurélie de Travers tournait de mieux en mieux en ce vendredi après-midi.
On voit que les enfants arrivent gentiment de l’école et pour un stand comme le nôtre ça va être le grand rush. Ça fait dix ans que je viens à Couvet et j’ai un peu de peine à comprendre pourquoi ils n’ont plus congé l’après-midi de la foire,
plaidait sans détour Aurélie. Lorsqu’on vend des « bubble tea » (perles de fruits, thé et sirop) et des « bubble waffle » (gaufre en forme de bulle remplie de chocolat, de glace ou de fruits) comme elles, les becs sucrés que sont les jeunes constituent forcément un public privilégié.
Ça va probablement se ressentir un peu sur les ventes même si on se rapproche des chiffres d’avant Covid. En tout cas, je peux vous dire que c’est largement mieux qu’au printemps où les gens devaient sortir de la manifestation pour pouvoir manger.
Un constat unanimement souligné par les commerçants.
De la poésie au milieu des étals !
Autre emplacement, autres produits un peu plus bas de la Grand’Rue. Michel Max Baillod propose différentes spécialités de la Vallée de La Brévine.
J’ai des saucisses sèches, j’ai du lard, j’ai du fromage, j’ai des terrines, j’ai des écailleux,…
et bien d’autres surprises encore. A priori, des surprises moins attirantes pour les enfants.
C’est vrai que ce n’est pas mes premiers clients mais je suis ouvert à tout le monde,
répond-il tout en légèreté.
Je dois vous avouer que je ne suis pas forcément à l’aise dans le costume de commercial, je suis davantage un poète. C’est ça, mes produits ce sont un petit peu de la poésie. Prenez ce saucisson de montagne par exemple. Touchez-le. Je le fais avec du bœuf, du pinot noir d’Auvernier et un soupçon de fromage.
Le fromage vient compenser le fait qu’il n’y ait pas de gras de porc dans son saucisson. Le Brévinier collabore avec des paysans, des bouchers et des fromagers de la région pour que chaque strophe de l’élaboration de ses denrées respecte son ode gustative.
J’ai débuté il y a vingt ans et j’aime innover en utilisant du bourgeon de sapin ou de l’ail sauvage notamment. Mais est-ce que le gens aiment vraiment l’innovation ? Lors de ma première foire ici il y a quinze ans, il pleuvait et j’avais assurément fait plus de ventes.
Peut-être qu’un coup de pouce pour le côté commercial donnerait à nouveau le rayonnement que ses produits méritent ? Car dans d’autres stands, les affaires ont été bonnes cette année.
C’est la première fois que je viens commercer à Couvet et le bilan est très positif,
me chuchote Sebastien Garnero de « R’Eve d’Ailleurs ».
Retour à la normale attendu : « Enfin ! »
Je trouve qu’il y a moins de passage qu’à certaines foires valaisannes auxquelles je participe habituellement mais les gens achètent en plus grosse quantité. Donc les ventes ont mieux marché en fin de compte.
C’est avec sa femme Eve que Sébastien s’est mis à créer des décorations et des bijoux artisanaux il y a quatre ans. Leur petit plus est d’intégrer des plantes de montagne dans la résine lors de leur travail du bois. Ils ne manquent pas d’originalité non plus niveau déco avec leur décapsuleur mural ! On s’attendait davantage à un tire-bouchon pour des Valaisans mais on salue l’audace des créateurs. à quelques dizaines de mètres de là, ce n’est pas l’apéro mais le thé qui est servi « Aux plaisirs du Thé ». Cela fait maintenant sept ans que Anthonipillai Yuvackim se déplace au Vallon avec ses 180 sortes d’infusions.
En ce qui me concerne, je suis heureux de constater que les chiffres de mon activité sont identiques à ceux de 2019.
Il continue :
L’automne est la période idéale pour la vente de thé car l’hiver arrive et les gens sautent sur l’occasion pour refaire leur stock.
Comme pour un certain nombre de « foireurs », ma visite se termine par un passage devant la boucherie Bohren. Le patron Rémy a retrouvé le sourire qu’il ne perd jamais (ceux qui le connaissent comprendront cette phrase tirée par les poils), lui qui avait affirmé participer à la foire de printemps uniquement par respect pour ses clients et pour la tradition. L’interdiction de consommer sur place est tombée et il savourait :
Enfin ! C’est un retour à la normale qui était attendu depuis longtemps. Il y avait quelques contraintes mais rien de comparable avec ce que nous avons vécu en plein Covid. On voit clairement que les Vallonniers ont retrouvé l’envie de se retrouver et les habitués sont de retour. En résumé, on revit et ça fait du bien !
Et les « aficionados Bohren » ont retrouvé leur stamm, comme au bon vieux temps !
Kevin Vaucher