Hockey sur glace féminine
Temps et tant de souffrances
Au hockey, il y a parfois des matches qui se transforment davantage en une séance de souffrance totale plutôt quʼen partie de plaisir. Lʼéquipe féminine du CP Fleurier en a fait lʼexpérience samedi soir pour son dernier match à domicile de la saison. Matraquées à plus de 55 reprises sous les tirs de leurs adversaires bernoises, les Fleurisanes ont subi tant et plus. Devancées de trois buts après vingt minutes, elles ont pourtant miraculeusement relancé leur espoir de victoire dans la suite de la rencontre.
Fleurier – Post Bern 2-4 (0-3, 2-0, 0-1)
Buts de Robert, Giroud.
Bielmann ; Huguelet, Otth ; Robert, Giroud, Vermot-Petit-Outhenin ; Schmidt, Bargo ; Joseph, Messerli, Gyseler ; Mounir.
Les étoiles du Courrier : *Bielmann **Otth *** Robert M.
Pour ce quatrième duel du tour de promotion, le CP Fleurier cherchait à décrocher une première victoire. Cʼétait la dernière occasion pour le faire à domicile avant leur ultime sortie prévue samedi à Zurich. Un car ou un minibus est dʼailleurs organisé pour aller soutenir les joueuses vallonnières une dernière fois cette saison. Avant dʼen venir au match de samedi, nʼoublions pas leur beau parcours pour en arriver à ce stade de la compétition. Durant ce tour de promotion, elles ont montré quʼelles nʼétaient pas très loin des toutes meilleures équipes de ligue D du pays.
« Les postières » envoient du très lourd
Je vais néanmoins immédiatement nuancer un peu ce constat en évoquant la partie de samedi contre Post Bern. Cʼest peut-être la première fois de la saison quʼon a vu une réelle différence de niveau sur la glace entre les « Women Cats » et leurs adversaires. Privées de plusieurs joueuses, elles ont été purement reléguées au rôle de spectatrices durant la première période. Les Bernoises menaient déjà de deux buts après 150 secondes de jeu. Elles y ont rapidement ajouté un troisième pour porter le score à 0-3 sans que personne ne puisse crier au scandale. Le rythme allait clairement trop vite pour elles. La rapidité dʼexécution des « postières » aurait même pu faire de plus gros dégâts dans la suite du match. Cʼest avant tout grâce à la performance de tout premier plan de la gardienne Anne-Laure Bielmann que lʼhémorragie a pu être stoppée.
Bielmann, la super woman
En vingt minutes, la portière locale avait dû sʼemployer à dix-sept reprises pour protéger son filet (contre six tirs pour sa concurrente en face dʼelle). La pression bernoise ne sʼest jamais estompée ensuite même si le CP a réussi à revenir petit à petit au tableau dʼaffichage. Les Fleurisanes ont eu toutes les peines du monde à fabriquer du jeu mais elles ont été appliquées sur leurs trop rares opportunités de but. Lancée par Carole Gyseler, Marion Robert sʼest faite lʼauteure dʼune magnifique percée à mi-match pour tenter de secouer ses coéquipières. Un but qui a fait bouger les lignes lʼespace dʼun instant mais tant Anaïs Messerli quʼEva Bargo nʼont pas eu dʼimpact direct sur le score. Les cloches, tambours et autres drapeaux spécialement sortis pour fêter cette dernière « représentation » à domicile se sont alors agités de plus belle.
Après la souffrance bernoise, le plaisir zurichois ?
Et cʼest pratiquement dans une ambiance de désalpe que les « Women Cats » sont reparties à la charge. Viviane Giroud en a profité pour marquer le 2-3 après un envoi plein de convictions. Soyons franc, ce résultat après deux tiers-temps était très flatteur pour les locales qui avaient tiré presque trois fois moins au but que les Bernoises. Mais il avait au moins le mérite de tenir les spectateurs en haleine. Ils y ont cru durant quelques minutes avant que lʼespoir dʼun retour aussi improbable quʼimmérité ne soit douché à la cinquantième minute. Il sʼagissait du 46e tir des visiteuses. La défense aura eu du travail plein les bras jusquʼau bout, ce qui a permis à plusieurs arrières de se distinguer comme Margaux Otth et Amélie Huguelet. Autant de signaux dʼespoir dans cette marée bernoise de souffrance. Place maintenant à un peu de plaisir zurichois ?
Kevin Vaucher