«La Bleue» a 45 ans cette année!
Non, non, non, on ne parle pas de « la bleue » l’absinthe. Mais si vous avez tiqué sur ce titre, c’est que vous êtes un bon Vallonnier ou une bonne Vallonnière et que vous savez qu’elle est bien plus vieille que ça. Ici, la bleue, fait référence à un club de pétanque du Val-de-Travers. Ce club est né le 22 juin 1978 et il vient donc de fêter 45 ans d’existence. S’il a connu son âge d’or dans les années 2000, avec 160 membres, il réunit encore quelque 90 membres actifs. On fait les présentations.
Bien sûr, le nom « La Bleue » fait référence au breuvage incontournable de la région. Mais il renvoie aussi à certaines boules (appelées boules bleues) et à la mer. C’est d’ailleurs au bord de la Méditerranée, à Marseille, que cette discipline s’est forgé une identité bien distincte par rapport à la boccia. Tout est dans l’élan. Écoutez plutôt cette histoire pour comprendre : « La pétanque se jouait d’abord avec prise d’élan, comme à la boccia. Jusqu’au jour où un joueur de Marseille, qui avait de la peine à marcher, a réussi à imposer aux autres de tirer les pieds joints, dans un cercle de 30 centimètres de diamètre. » Il les a mis au pas quoi…
Un cochonnet qui flotte
C’est Jean-Pierre Tâche, l’un des trois derniers membres fondateurs du club qui nous fait la lumière sur la naissance originale de cette règle. Lui, il n’a pas changé les règles mais il a tenu la présidence de « La Bleue » durant 21 ans. « Au début, nous étions 27 licenciés et nous participions à des championnats nationaux et régionaux », se souvient-il. « Une fois, on avait voulu organiser un grand tournoi au Val-de-Travers mais il pleuvait tellement que le cochonnet flottait sur la piste », enchaîne-t-il sans préavis. Le club a néanmoins réussi à surnager et à accueillir des compétitions regroupant jusqu’à près de 200 joueurs.
Huit pistes couvertes
« Nous avions dû nous délocaliser dans la cour du collège de Môtiers pour avoir suffisamment de place. C’est un tout bon souvenir. » Aujourd’hui, le club possède d’excellentes infrastructures avec notamment huit pistes intérieures pour continuer à jouer durant l’hiver. « Nous louons ces pistes à Couvet, à côté de celles de la boccia. C’est pour cette raison qu’on demande une petite cotisation annuelle (70 francs par personne ou 125 francs par couple). » Et l’été, tout le monde va jouer au camping et se donne rendez-vous les mardis et les jeudis à partir de 14 heures. « On est une bonne équipe et on vadrouille aussi de temps en temps au gré des tournois. On est allé en Valais il y a une dizaine de jours par exemple. On bouge pas mal, il faut le dire. »
Les prémices du tri sélectif à l’Abbaye ?
Ça bougeait pas mal aussi à l’époque. Jean-Pierre Tâche se souvient notamment des Abbayes de Fleurier où leur jeu faisait souvent carton plein. « On plaçait des bouteilles en verre à huit mètres et les gens devaient les dég
ommer avec des boules de pétanque. » Seraient-ce les prémices du tri sélectif ? « On ne le fait plus car une bonne partie de nos membres a vieilli. Ce ne serait plus très sage. Mais si la relève veut recréer quelque chose, on accueille ses idées avec plaisir. » Alors, place aux bleus maintenant ?
Jean-Pierre Tâche, pieds joints, regard droit et geste sûr.
Kevin Vaucher