La coquille de La Robella déborde
Lorsque le lundi de Pâques arrive, les pentes de La Robella sont inondées d’œufs pour la mythique course du même nom. Mais la ponte ne se limite pas qu’à cela. Avec cet événement, la population du village de Buttes est presque quadruplée l’espace d’une journée. Cette année, ils étaient encore quelque 2300 à profiter de cette activité familiale. C’est trois cents de plus que l’année passée. En comptant les promeneurs habituels et ceux qui ont profité des autres activités de la station, on ajoute encore quelques centaines de visiteurs supplémentaires.
Deux mille, c’est le nombre de montées en télésiège observées le lundi de Pâques à La Robella. En sachant qu’il y avait également un service de navettes entre le haut et le bas de la station, on retombe donc sur nos pattes. Quatre navettes ont fait des allers-retours entre 8 h 30 et la fin de journée afin de désengorger le télésiège qui a tourné à plein régime toute la journée. Mon chauffeur du jour totalisait à lui seul une bonne quinzaine de voyages avec son petit bus, uniquement sur la matinée. Et le point d’orgue de l’événement, à savoir la grande course aux œufs, n’avait pas encore eu lieu.
Courageux mais pas téméraires ?
« Je remarque que certains montent en bus et redescendent à pied mais que l’inverse est très rare », rigolait-il en prenant soin de dépasser une famille qui redescendait justement la pente à la force des mollets. Une fois qu’il nous a déposés devant la terrasse bondée de « Chez la Katon », on a rapidement constaté que beaucoup de monde nous avait précédés. Il faut dire que la course aux œufs des enfants se déroulait à 10 h 30, juste avant le repas.
« Il faut servir tout le monde en deux heures et demie », rapporte Sabine Calame. Heureusement, une partie des quarante membres de l’Amicale de Buttes a donné un coup de main pour l’organisation.
Davantage de billets vendus
D’autres sociétés, comme Jex et la Jeunesse du Haut-Vallon, ont également apporté leur pierre à l’édifice. Les « Haut-Vallonniers » se sont par exemple chargés de cacher les 4000 œufs durs et les 300 œufs en fer pour la grande chasse de l’après-midi. Ceux en fer étaient numérotés et chaque numéro correspondait à un lot à gagner. La boulangerie de La Brévine avait aussi concocté un œuf en chocolat géant avec une peluche tout aussi géante à gagner. Grâce à ces surprises, et sans doute aussi un peu grâce à la météo favorable du jour notamment, trois cents billets de plus ont été vendus par rapport à l’édition 2022 (soit environ 2300 tickets délivrés). Cet afflux n’a pas été sans effet pour le stock de grillades prévu pour midi.
La météo, le facteur X de la restauration
« Nous en avions 600 à écouler et tout est parti en deux heures. Pourtant, nous avions augmenté les quantités par rapport à l’année passée où nous avions aussi été en rupture de stock », s’étonne Sabine Calame. Il faudra donc songer à prendre quelques kilos de viande supplémentaires en 2024 ? « Pas forcément car l’affluence dépend pas mal de la météo. À quelques jours près, on aurait été sous la neige et les organisateurs auraient probablement eu à manger pour quelques jours », image-t-elle avec humour. Des planchettes apéro avaient pourtant été prises en renfort cette année. Ceux qui avaient encore une petite faim ont finalement pu la caler avec une gaufre. Puis, les « fauves » repus ont été lâchés à 14 h 30.
Le grand moment est arrivé
Aussitôt le coup d’envoi donné, une vague humaine a déferlé sur les pentes de La Robella. Pendant que les premiers traçaient leur route pour multiplier les trouvailles, les moins rapides concentraient leurs efforts sur les cachettes oubliées par les plus pressés. Certains spectateurs du troisième âge étaient impressionnés par cette marée humaine. Moi, ce qui m’a le plus « impressionné », c’est que cette foule mêlait des personnes de tous âges et de multiples cantons différents. Une belle carte de visite pour notre région. « On est heureux de voir autant de gens heureux », conclut on ne peut mieux Sabine Calame. La vague est passée, la coquille de La Robella s’est vidée, le village peut désormais couver sur ses deux oreilles…
Kevin Vaucher