La Vérisia, ou le charme d’antan !
La brocante de la Vérisia, certains trouveraient ça « vieillot », moi je trouve ça génial ! C’est un endroit qui respire le « vrai », le labeur et l’humanité. Tout ça, dans un style brut et frontal. Pas de chichi, pas de faux-semblant. Cet échange entre la patronne des lieux et un client est très représentatif de ce qu’est ce petit territoire « old school » à Buttes. « Ces verres me plaisent bien. Il y en a dix, je vous donne une tune, c’est bon pour vous ? Il y en a dix, c’est juste. Prenez encore ça et je vous fais le tout pour quinze francs. On se retrouve à la caisse. » Affaire conclue. Nous avons poussé les portes de ce lieu mythique où l’histoire n’est pas près de s’arrêter de se créer.
L’ambiance de la Vérisia vaut le détour ! C’est direct, c’est vrai et ça fait du bien de ne pas avoir à se creuser la tête pour chercher un deuxième ou un troisième sens à un échange qui aurait été tartiné d’un mielleux conformisme.
On est comme on est, si ça ne plaît pas aux autres, tant pis,
assène Nathalie. Nathalie est la fille de la propriétaire Cécile Gogniat. Toutes deux m’accueillent avec bienveillance et une pointe de méfiance qui disparaît aussitôt les présentations faites. J’apprends qu’il y a encore une troisième génération mais que Kelly n’est pas présente pour le moment. Elle est allée à La Côte-aux-Fées pour… brocanter (voir notre article dédié). Mais ne le dites pas trop loin.
40 ans d’activité en 2023
La quatrième génération est même déjà arrivée car mon fils a eu des jumeaux,
ajoute Nathalie. Si l’avenir de la famille semble assuré, c’est au passé familial que je souhaite m’intéresser dans l’immédiat. Veuve depuis un peu moins de dix ans, Cécile Gogniat s’est déployée pour « tenir la boutique ».
Il y a la brocante mais on fait aussi les transports et les déménagements. Ça fera 40 ans l’année prochaine que l’entreprise est née. Je faisais ça avec mon mari et j’ai continué lorsqu’il est décédé.
À ce moment-là, le nom de la société est simplement passé de Huguenin à Gogniat. La brocante, elle, est plus connue sous le nom « Vérisia » puisqu’elle occupe les murs de l’ancienne usine du même nom. Samedi et dimanche passés, elle a ouvert ses portes pour deux jours de chasse à la bonne affaire. Une très belle affluence a été relevée sur l’ensemble du week-end.
Une surface à en perdre le nord
La fête commençait déjà à l’extérieur où quelques amis buvaient un coup à l’abri du soleil, sous une terrasse improvisée. Juste à côté, Sébastien Hirschi avait installé ses rails et proposait un parcours sympa sur sa petite locomotive à vapeur pour enfants.
Vous voulez voir l’intérieur ?,
me demande alors Cécile.
Par contre, c’est tellement grand que je ne saurais pas vous dire combien d’objets y sont entassés.
Lorsque je pousse la porte, je comprends mieux pourquoi personne n’a pris la peine de les compter. Sur deux étages et sur une surface monstrueuse, des tas de meubles, de vêtements, de vaisselle et d’objets plus ou moins improbables s’offrent à moi.
Souvent, les gens font un crochet par chez nous, avant d’aller à la déchetterie, pour savoir si nous voulons récupérer telle ou telle chose. On vide aussi pas mal d’appartements lors de décès et on sauve quelques babioles.
Le lieu de la « deuxième chance »
En d’autres termes, la Vérisia est le lieu de la deuxième chance pour une multitude d’articles du quotidien et d’appareillages. Sous réserve de prendre un peu de temps pour trouver ce que vous cherchez, il y a sans doute quelque chose qui vous y attend. Et comme il y a de fortes chances que vous vous y perdiez, prenez un sac à commissions avec vous. Il y a souvent quelques légumes en vente à la sortie de la brocante. Le repas du soir sous le coude et la bonne affaire dans le coffre de la voiture, certains ont même eu le temps de prendre un peu de vent sur la locomotive de Sébastien Hirschi avant de repartir. Je suis sûr que, rapidement, la nostalgie du « monde d’avant » les emportera et qu’ils referont très vite un tour dans le charme d’antan de la Vérisia et de la « génération Gogniat ».
Kevin Vaucher