Reconversion professionnelle
Le Label pour « aider à rebondir »
Le CNIP délivrait, jeudi dernier 7 avril, ses labels « intégration » à 26 entreprises pour avoir accueilli un stagiaire assuré à l’assurance invalidité en reconversion professionnelle suivant ou ayant suivi une formation au CNIP. Une cérémonie, en présence de la conseillère d’État, Florence Nater, et qui a ému l’assemblée en raison du facteur humain inhérent à tout le processus de réinsertion professionnelle mis en place entre les différents acteurs, étatiques ou privés.
« Aider à rebondir », le slogan affiché à l’entrée de la salle résumait en quelque sorte l’essence de la cérémonie qui s’est tenue jeudi 7 avril au Centre neuchâtelois d’intégration professionnelle (CNIP) à Couvet. En présence d’une cinquantaine d’invités et de la conseillère d’État, Florence Nater, le CNIP remettait son « Label Intégration » à 26 entreprises romandes qui ont accueilli un assuré AI en reconversion professionnelle pour un stage durant l’année 2021. Parmi elles, relevons trois entreprises du Val-de-Travers, Baud Industries SA aux Verrières (également médaillée de bronze), Manufacture horlogère Valfleurier SA à Buttes et Vaucher Manufacture Fleurier SA, à Fleurier. Responsable de l’insertion au CNIP, Francine Broquet a rappelé que cette cérémonie et le « Label Intégration » étaient le moment où le CNIP, en collaboration avec les Offices de l’assurance invalidité (OAI), pouvait souligner l’investissement des entreprises partenaires et mettre en évidence la collaboration de tous les corps de métier liés à la démarche de reconversion professionnelle.
Un engagement des entreprises qui est « la clé du succès » de ce programme d’intégration, comme l’a souligné Mathieu Ferchaud, manager des contrats à l’OAI-NE qui s’est fait le porte-parole du discours du directeur de l’OAI-NE, Grégory Jeannet, malheureusement absent. Cette allocution a mis l’accent sur la nécessité de collaborer avec les acteurs du tissu économique afin de permettre la réinsertion professionnelle des assurés et reconnaissait une admiration face à ces derniers
pour se réorienter avec force et volonté. L’union fait la force, ne l’oublions jamais,
concluait le discours. Une union entre les entreprises, le CNIP et l’OAI qui a permis d’offrir un total de 3246 jours de stage en 2021, soit près de « neuf ans d’une vie humaine », comme l’a imagé Francine Broquet, pour 28 stagiaires, dont 18 l’ont achevé fin 2021, et ce malgré le contexte de la pandémie. Et résultat « exceptionnel », douze stagiaires ont pu trouver un emploi après le processus.
L’emploi : « 1er facteur d’intégration sociale »
Mis sur pied en 2013, ce coaching en entreprise, stage ou formation dual, par le CNIP a déjà abouti à la création d’un réseau romand de plus de 300 entreprises qui chaque année sont nombreuses à offrir des stages pour des personnes assurées AI en reconversion professionnelle. Jeudi passé, le « Label Intégration » en était à sa 9e édition, et vu la réussite de la démarche, le taux de réinsertion étant en 2021 de 66.67%, une 10e édition aura lieu. Une importance de la réinsertion professionnelle qu’a rappelée la conseillère d’État, Florence Nater.
L’emploi est le premier facteur d’intégration sociale,
a souligné la cheffe du département de l’emploi et de la cohésion sociale en ajoutant que la démarche permettait
la reconnaissance de la valeur de chacune et chacun.
La conseillère d’État n’a pas oublié également de faire référence au lieu de la cérémonie, l’usine Dubied, « locaux porteurs d’une histoire et d’un présent engagé ». « Le site a rebondi, comme les apprenantes et les apprenants », a-t-elle déclaré, en étant fière que ce patrimoine immobilier soit mis au service de la prospérité cantonale et qu’il permette la transmission et perpétuation de savoirs faire de qualité. Selon la conseillère d’État, reconversion, insertion professionnelle, sont « plus que des mots. Ce sont des réalités en matière de politique sociale », a-t-elle conclu en évoquant les futures Assises de la cohésion sociales qui débuteront le 2 mai prochain à La Chaux-de-Fonds.
Après ces allocutions officielles et les remerciements, le témoignage d’une personne qui a suivi cette démarche de stage a été le moment fort de cette cérémonie et a permis aux invités de prendre pleinement conscience du travail de l’ensemble des acteurs et aussi du facteur humain lors d’une reconversion professionnelle. L’homme de 35 ans, travaillant précédemment dans l’hôtellerie-restauration, a pu, grâce au coaching du CNIP, avoir une nouvelle formation dans le domaine logistique et trouver un nouvel emploi dans une grande entreprise du littoral.
Il faut garder l’envie de réussir, de faire quelque chose et la niaque, malgré un souci de santé,
a-t-il humblement conseillé. Et la responsable de l’entreprise où il était stagiaire a tenu à ajouter qu’il ne fallait « pas avoir peur » à engager ces personnes.
Tout le monde sort gagnant. C’est une expérience riche et belle au-delà de la responsabilité sociale d’une entreprise,
a-t-elle expliqué. En effet, en matière de réinsertion professionnelle, c’est l’union qui fait la force et aide à rebondir.
Gabriel Risold