Lettre ouverte
Les noms peuvent être trompeurs
C’est particulièrement vrai pour l’avion de combat que l’armée suisse prévoit d’acheter. Je n’ai jamais vu un de ces avions combattre. Par les médias, nous voyons toutefois comment ils tirent sur des positions, comment ils larguent des bombes qui peuvent parfois toucher un hôpital. Les ennemis n’apparaissent que très rarement, et quand ils le font, ils sont totalement impuissants ; par combat, j’entends quelque chose de très différent.
Si la Suisse achète ces avions, elle devra former des pilotes prêts à tirer sur ordre, sans scrupules moraux, même s’ils ne peuvent pas voir ce qu’ils touchent. Des innocents pourraient bien se trouver ici et là, dans les cibles.
Quel que soit l’avion de combat que l’armée suisse souhaite acheter : il ne s’agit en aucun cas d’une arme défensive. Un tel avion est très clairement une arme d’attaque, une forme d’agression que la Suisse ne peut pas se permettre, que l’on soit patriote ou non.
D’une manière générale, il va de soi que nous ne pensons pas utiliser ces avions. Mais l’achat préparerait ce terrain-là, et alimenterait la convoitise de les savoir ou même de les voir en action, cachés sous les notions d’avion de combat et d’armée de défense. Préservons notre prospérité par des moyens pacifiques et non par des instruments de meurtre.
Heinz Salvisberg, Buttes