Les quatre mousquetaires et Milady
Nous connaissons tous la société de consommation, ses problématiques et ses dérives. Mais nous ignorons tout ou presque d’une catégorie de personnages troubles qui semblent n’avoir pour seul travail que d’accentuer un déjà fameux gaspillage et/ou de nous empoisonner l’existence. Morceaux choisis…
Lorsqu’un magasin ferme pour raison de faillite, croyez-vous que l’on aurait l’idée de déplacer à l’intérieur dudit magasin, hors de portée des rayons du soleil et de la réverbération, les articles demeurant en vitrine ? Non, cela ne vient à l’esprit de personne ! J’ai vu des livres d’art se détériorer, inaccessibles, se gondoler (ils étaient dressés…) et perdre leurs couleurs : invendables !
Lorsque, pour une semblable raison, c’est un restaurant qui se voit clore, j’ose espérer que l’on pense à vider les réfrigérateurs et congélateurs, et à donner cette nourriture aux associations habituellement chargées de distribuer des produits alimentaires aux plus démunis… J’ose espérer, mais je n’en suis pas certain.
Certains, disposant sans doute de l’autorité requise pour agir mais pas nécessairement de la présence d’esprit qui ne s’acquiert nulle part, sont donc des « cons sommateurs ». Les derniers en date ont l’air de sortir tout droit d’un mauvais film : les quatre mousquetaires et Milady… Les ferrets de diamants de la reine Helvetia n’ont qu’à bien se tenir ! Lesdits ferrets, ce sont vous et moi, le trésor le plus précieux d’un pays étant ses citoyens.
Que ces cinq hurluberlus aient leur opinion quant aux prochaines votations, c’est un droit bien légitime. De là à agir comme ils le font, il y a un pas que la décence aurait dû leur interdire de franchir : dommage, leur action n’est pas interdite par la loi… et la sagesse n’en est, hélas, pas une.
Songez, avant de les écouter religieusement ou de les lire avec anxiété, qu’ils contribuent chaque mois à piocher dans le trésor de la Patrie une somme que certain(e)s salarié(e)s ne gagnent même pas en une année de dur labeur ! Il est aisé, pour eux, de faire une telle campagne, ils en ont les moyens… pas nous !
Je suggère que l’on ajoute une strophe au Cantique suisse… elle commencerait ainsi : « Quand cinq ombres malveillantes… »
À bon entendeur ! Allez voter !
Sylvain Moser, Les Verrières