Lettres ouvertes
Et si on testait Vallon aussi ?
Je ne suis pas quelqu’un qui remet en cause constamment les choix politiques effectués au Val-de-Travers. J’ai même de bons rapports avec la majorité de nos représentants au Conseil communal. Je n’ai donc aucune raison préexistante de douter de la sincérité de leur engagement. Ainsi, je ne doute pas de leurs bonnes intentions pour la région. Lorsqu’on nous pousse à acheter Vallon, à être Vallon et à vivre Vallon, je suis parfaitement d’accord avec cette démarche. Et je pense que tous les acteurs économiques, culturels et sociaux partagent ce point de vue. Mais alors pourquoi ledit conseil privilégie parfois des solutions extérieures lorsqu’il s’agit de remplir certains mandats ?
Laisser une chance avant d’ignorer
Dernièrement, c’est à une agence de Neuchâtel qu’a été confiée la responsabilité de créer une nouvelle identité visuelle pour la commune. Je ne juge pas du travail qui a été fait ni du prix que cela a coûté mais je tiens à faire part de mes doutes concernant la méthode de sélection. Avant de dire que les entreprises du Val-de-Travers n’offraient pas toutes les compétences nécessaires à un tel projet, pourquoi ne leur a-t-on pas laissé au moins une chance de faire leurs preuves ? Pourquoi le groupe de travail qui s’est penché sur la question n’a-t-il pas mis au concours ce mandat avant de prospecter différentes agences du Littoral ? Alors dans ce cas-là, on ne privilégie plus le Vallon c’est ça ? On ne teste même pas Vallon avant de rejeter ce qu’il a à proposer ? Puisque le mot d’ordre est « le Vallon aux Vallonniers », pourquoi ne pas avoir offert le dernier mot à la population ?
Des questions à se poser
Je pense par exemple au choix du logo. N’aurait-il pas été plus « Vallon compatible » que de le faire voter sur quelques propositions ? Car finalement, la commune représente le peuple alors son identité visuelle devrait logiquement le représenter. Ne méritait-il pas de pouvoir choisir sa propre identité ? Et en parlant d’image, en affirmant que personne n’était capable de remplir ce mandat au Val-de-Travers, quelle image le Conseil communal renvoie-t-il des sociétés œuvrant dans ce domaine dans la région ? Ça fait quand même beaucoup de questions ouvertes et il aurait probablement été plus constructif d’y répondre avant de « vendre son image » à une société du bas du canton. Je vais être franc avec vous, j’ai pris l’initiative de contacter les membres du Conseil communal pendant le Covid. C’était dur et je tenais à leur faire passer un message.
Chercher ce qui se cache derrière les fleurs d’absinthe
Ce message, c’était qu’il me semblait important que les cinq membres prennent conscience de l’absolue nécessité de faire travailler les entreprises vallonnières. Je ne parlais pas uniquement de la mienne mais de toutes en général. Aujourd’hui, la déception est d’autant plus grande que je pensais qu’ils avaient capté ce message cinq sur cinq. La liaison était apparemment mauvaise ce jour-là. Et pour conclure, j’aurais aimé que ces personnes, certes bien occupées, prennent le temps de venir visiter par elles-mêmes ce que les entreprises offrent réellement ici. De cette manière, elles n’auraient plus justement pu dire qu’il y a des compétences au Val-de-Travers – même probablement à l’interne – mais qu’elles ne sont pas choisies par nos dirigeants. Beaucoup d’autres les ont trouvées et sont satisfaits. Mais pour trouver, encore faut-il chercher ce qui se cache derrière les fleurs d’absinthe.
Arnaud Bortolini, Apexgroup