Lettres ouvertes
Quelques questions sur la mort d’un aigle royal
Sachez que lʼaigle royal figure sur la liste rouge des oiseaux vulnérables et que cʼest une espèce qui ne se reproduit quʼavec difficulté. Lʼaigle royal a été réintroduit dans le canton de Neuchâtel après 200 ans dʼextinction. Aujourdʼhui, la disparition dʼun seul individu a une grave incidence sur la population totale.
Alors, pourquoi avons-nous dû attendre trois mois avant dʼêtre informés quʼun mâle a été éliminé par la pale dʼun aérogénérateur au parc éolien de Mont-Soleil ?
Pourquoi le témoin de lʼaccident a-t-il attendu si longtemps pour rendre public ce quʼil avait vu, bien quʼil ait pris des photos et des notes sur le lieu de lʼaccident, sous lʼune des éoliennes ?
Pourquoi la collision entre un animal qui connaissait les embûches de lʼendroit nʼa-t-elle pas pu être évitée malgré le radar et le système dʼavertissement dont les éoliennes sont censées être équipées ?
Pourquoi les associations de protection des oiseaux nʼont-elles pas réagi aussitôt à la disparition de lʼaigle, malgré le fait quʼelles étaient au courant, puisquʼelles affirment que lʼaigle avait été remplacé, dans son couple, par un autre mâle ?
Pourquoi ces mêmes associations acceptent-elles de collaborer avec les promoteurs de parcs éoliens qui provoquent la mort des animaux quʼelles ont la responsabilité de réintroduire et de protéger ?
Alors, quʼattendons-nous ? Construisons toutes les éoliennes prévues pour notre région, ainsi on est sûr de zigouiller tous les aigles royaux du Val-de-Travers !
Richard Wilson, Travers