Lettres ouvertes
La remise en question de la stratégie énergétique suisse
Remettre en cause une loi fédérale (la stratégie énergétique suisse, 2050) votée il y a cinq ans, pourrait témoigner d’un manque de prévoyance ou d’une attente irréaliste des énergies qui ne sont qu’intermittentes. Cependant, la situation géopolitique mondiale et européenne a beaucoup changé depuis les accidents nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima : les accords cadres avec l’Union européenne concernant l’électricité sont tombés et les difficultés d’approvisionnement du gaz naturel par la Russie sont aggravées.
Notons que ce sont nos édiles actuels qui questionnent les décisions de leurs anciens collègues, légiférant à une époque où les problèmes du réchauffement climatique se limitaient à un souci de pollution et des déchets.
Que Simonetta Sommaruga, actuelle cheffe du DETEC, réunisse les grands producteurs électriques, les autorités locales et les associations environnementales pour discuter l’éventuelle construction de treize nouveaux barrages alpins, ou que la direction du PLR (à la suite de celle de l’UDC) relance la possibilité d’inclure l’énergie nucléaire dans le mix électrique suisse, montrent que nous sommes devant une problématique tout autre que celle de l’époque de Doris Leuthard, ancienne cheffe du DETEC, et que c’est seulement en appliquant un pragmatisme strict et en s’appuyant sur une technologie autochtone que nous trouverons une voie de sortie du réchauffement climatique et de la crise énergétique qui se prépare.
Richard Wilson, Travers