5G, énergies et société thermo-industrielle
L’Agence Internationale de l’Énergie (IEA) a conclu que le peak oil mondial dans l’extraction du pétrole conventionnel est bel et bien derrière l’humanité depuis les années 2005-2008 déjà. Depuis lors, les pétroles non conventionnels de schiste ont brillamment maintenu l’illusion que nous ne serions pas (tout de suite!) soumis à une décrue énergétique. Ces technologies ont un faible rende- ment énergétique et sont questionnantes quant à leurs impacts sur les eaux souterraines, un bien commun. L’étoile filante du non- conventionnel ne fera pas long feu, aussi par le fait que cette indus- trie est fragile au niveau purement financier.
Tout en jouant sur les quantités extraites pour maintenir un prix élevé, l’OPEP+ n’arrive actuellement plus si facilement à produire les quotas de pétrole qu’ils s’autooctroyent pourtant. Huston, il y a un problème ! Est-ce un signe à interpréter comme le début de la matérialisation de la décrue énergétique dans nos vies? Décrue contre laquelle nous ne pourrons rien faire, hormis s’adapter à vivre et à faire société ensemble avec beaucoup moins d’énergie.
Les 40 mesurettes que nos autorités nous ont récemment communiquées pour économiser de l’énergie ne suffiront clairement pas!
La société thermo-industrielle se met à tousser, d’une part par les affres de la géopolitique mondiale sur laquelle nous n’avons aucune prise, en lien fort avec des enjeux énergétiques et alimentaires évidents. Et d’autre part, par le fait que si nous n’y sommes pas encore totalement en Suisse, nous finirons bien par entrer prochainement de manière systémique dans une décrue énergétique profonde, mondiale, inhérente à la finitude des ressources fossiles dont personne ne peut nier la réalité. Concrète- ment, une fois que la plaque de chocolat est presque terminée, on a beau avoir deux mains, les miettes fondront entre nos doigts.
En Suisse, une politique énergétique schizophrénique
On nous demande de baisser d’un ou deux degrés la température de nos logements sans toutefois prendre le taureau par les cornes pour anticiper intelligemment et faire face aux conséquences de la décrue énergétique qui arrive. Au niveau électrique, on nous demande d’utiliser une bouilloire au lieu d’une casserole et tout est fait pour massivement électrifier nos habitats (PAC) et nos déplacements (véhicules électriques), des gloutons électriques, sans parler de la numérisation de la société dont la 5G est l’une des chevilles ouvrières. Où est l’erreur?
Alors que nous ne sommes qu’au début d’une augmentation importante de la demande électrique, si cet hiver, ou le suivant, ça casse, alors qu’en sera-t-il à l’horizon 2050? Une récente étude menée à l’EMPA, un institut de recherche financé notamment par la Confédération, nous interpelle. Elle démontre que si nous poursuivons sur la lancée du tout électrique tel que prévu par la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération, tout en décuplant la pose de panneaux solaires photovoltaïques, il manquera 23.3 TWh d’électricité, en Suisse, chaque hiver, soit grosso modo 2660 kWh par personne, et ce sans compter la numérisation galopante de notre société !
Comment nos politiciens à tous niveaux peuvent-ils encore cautionner le développement de la 5G, alors que la satisfaction de nos besoins vitaux est déjà remise en question?
E. et S. Cattin, D. Lamy – collectif citoyen contre la 5G au Signal
collectif_du_signal@riseup.net