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L’art de l’invisible
Suis-je fou ? Pour certains, le simple fait de poser la question suffirait à m’enfiler la camisole. D’autres iront chercher plus loin. En fait, cette chronique est une sorte d’hommage à l’art puisque j’ai décidé de la créer en live « sous vos yeux », sans filet et sans thème prédéfini. Alors suis-je fou disais-je ?
L’art justement, le président d’Art en plein air, Pierre-André Delachaux, expliquait dernièrement l’importance de la logistique pour un tel événement. Là où certains voient des délires de types « pas tout nets », d’autres s’intéressent aux créations : lien de l’œuvre avec le lieu, choix des matériaux,… Lesquels sont les plus fous ?
Cette semaine, Yves Fatton et son voyer-chef parlent du travail de la voirie dans votre « Courrier ». Travail tellement bien rodé qu’il en est devenu invisible. Ne serait-ce pas l’art suprême de maîtriser une tâche si parfaitement que vous la rendez inexistante aux autres ? Revers de la médaille, la moindre erreur est si inhabituelle qu’elle explose à la vue de tous. Trop bien faire les choses serait ainsi synonyme d’hara-kiri. Alors, tous des fous ces cantonniers ?
Plus fou est-il celui qui voit l’invisible ou celui qui se contente de voir le visible ? Je vous laisse vous torturer l’esprit avec ça et moi je m’en vais ouvrir la porte. Des individus en blouse blanche viennent de sonner, sûrement d’autres serviteurs de l’invisible.
Le Lynx