L’Unia fait la force !
Lundi, le 1er mai a pris ses quartiers à la place de la Gare, devant le bâtiment d’Unia. Le soleil est arrivé pile au moment des discours devant une belle foule et quelques personnalités politiques comme la conseillère d’état Florence Nater. Dans l’esprit de cette journée, ce sont des personnes moins en vue politiquement qui ont pris la parole pour porter la voix des travailleuses et des travailleurs. L’emphase a été mise sur l’absolue nécessité de lutter ensemble, peu importe l’âge, l’origine ou le sexe des citoyens. « Car les partis bourgeois, eux, ne se divisent pas pour défendre leurs intérêts ! »
Cette phrase, c’est celle de Léa Aligizakis. Membre du POP, elle est secrétaire et guide touristique au château de Neuchâtel. Bref, c’est une représentante de la vie civile et du peuple. « Faire entendre la voix des travailleuses et des travailleurs à travers celles des ‹ vrais gens ›, tel est le parti pris de ce rassemblement », relayait-elle avant de prendre le micro. Dans la foule, il y avait bien quelques figures politiques neuchâteloises et vallonnières comme Florence Nater, Frédéric Mairy ou Eric Sivignon mais ils ont préféré rester en retrait du « crachoir ».
Le pouvoir, pas le prendre mais le partager
Les quatre intervenants du jour ont donc eu tout loisir d’exposer leurs idées qui ont souvent été ponctuées d’applaudissements et d’approbations des « auditeurs ». Pour le parti socialiste du Val-de-Travers, Cécile Mermet a tenu un discours clair sur le but de cette lutte : « on ne veut pas prendre le pouvoir, on veut simplement le partager », faisait-elle référence en évoquant le sujet de l’égalité hommes-femmes. Cette optique se voulait bien plus large et englobait également le rapport entre les travailleurs et les employeurs. Mais s’en était déjà trop pour la sono qui a décidé de lâcher en pleine allocution.
« Qui crée les richesses et qui en profite ? »
Tout est rapidement rentré dans l’ordre et Mathias Bobillier, président des Jeunes POP neuchâtelois, n’a pas hésité à poser la question plus frontalement : « Qui crée les richesses et qui en profite ? Pendant que nous donnons nos vies au travail, les plus riches jouent avec des millions », faisait-il remarquer en évoquant le cas de la faillite de Crédit Suisse et de ce qui l’entoure. « Quand il faut sauver le système financier, on trouve toujours des sommes folles. Et pendant ce temps, que fait-on pour lutter contre la précarité, y compris celle des travailleurs ? Pourquoi la pauvreté prospère autant dans notre si forte démocratie », ironisait-il encore avant de ponctuer sa prise de parole par un cinglant : « Cotiser plus pour toucher moins, il fallait le faire et ils l’ont fait ! »
L’importance des acquis et des luttes passées
Déléguée syndicale Unia, Catherine Comte (employée dans l’horlogerie) s’est d’abord dite fière d’être syndiquée « pour favoriser l’épanouissement des travailleurs. » Elle a ensuite donné du corps à ses propos en soulignant l’importance de « continuer à se battre pour défendre les acquis obtenus lors des luttes passées. Pensons notamment aux retraites et ce qui est en train de se passer en France. C’est ensemble, et dans le monde entier, qu’il faut lutter contre l’exploitation et les injustices au travail. Nos droits sont attaqués partout en Europe et cette situation profite aux grands patrons ainsi qu’à la finance. Pourtant, sans travailleurs, il n’y a pas de richesses. Nous la produisons et ils en profitent. »
« La droite tente de nous désunir »
Le mot de la fin revient à Léa Aligizakis qui a rappelé l’importance de faire front commun dans cette bataille pour le droit des travailleuses et des travailleurs. « La droite tente de nous désunir en opposant les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux ainsi que les étrangers et les Suisses. Ne tombons pas dans ce piège et regroupons-nous derrière une cause commune : celle du peuple ! C’est uniquement de cette façon que nous parviendrons à obtenir le changement de système que l’on souhaite. Ensemble, on n’enfoncera pas seulement la porte, nous irons jusqu’à toucher le mur d’en face », imageait-elle avec force. Tout ceci dans la bonne humeur, autour d’une paella ou d’une soupe aux pois offerte et en musique. « Hasta siempre » bien entendu !
Kevin Vaucher