On nous écrit
Un conte d’éolienne
Il y avait une fois une belle éolienne danoise qui habitait un parc d’attractions sur la Butte du Mont dans le petit pays d’Unvalloncommeça.
Contrairement à ce qu’on lui avait laissé croire, les touristes alémaniques n’ont pas envahi le parc pour admirer ses contours plus que généreux de 200 mètres ni pour la féliciter d’avoir industrialisé le paysage, jugé trop sauvage. Alors, elle décida de rendre visite à ses cousines de l’autre côté de la montagne dans le pays des Vaches. Mais arrivée chez les Vacherons elle constata que rien n’y tournait rond non plus dans ce centre de vent nommé la Vue Imprenable, car des grands rapaces avaient élu domicile dans les nacelles et se perchaient sur les pales immobiles pour mieux guetter leur repas préféré, les marmottes. La vision de ces gigantesques machines à l’arrêt, couvertes des éclaboussures de chauves-souris imprudentes qui s’étaient trop approchées, la révolta au point qu’elle décida de rentrer dans son pays natal où le vent maritime sentait bon dans ses pales.
Le jour suivant, quand les habitants d’Unvalloncommeça se sont réveillés, ils ont constaté que toutes les éoliennes avaient arraché leurs socles en béton armé et avaient décampé pour leur pays de fabrication.
Et le bon peuple a admis que c’était mieux comme ça.
Richard Wilson, Travers