Paroisse réformée du Val-de-Travers
On ne prêchera plus seulement pour sa paroisse
Les traditions sont faites pour durer, dit-on ! Dans la religion, peut-être plus que dans n’importe quel autre domaine, il est parfois ardu de bouger les lignes, ne serait-ce que de quelques millimètres. Dans ce contexte, le passage à la « paroisse unique » au Vallon (une seule paroisse pour tout le territoire) relevait déjà presque de l’exploit. Historiquement organisées à Couvet et à Fleurier, les ventes paroissiales annuelles avaient cependant gardé leur autonomie jusqu’ici. Ce ne sera plus le cas en 2023 !
« C’est vrai que la paroisse unique avait fait grincer quelques dents même si une majorité
avait compris la nécessité de ce rapprochement des forces », développe Marinette Jequier. La Vallonnière est justement l’une de ces forces essentielles pour faire vivre la paroisse au quotidien. Elle est notamment personne de service lors des cultes.
Ce qui signifie qu’elle aide chaque week-end et qu’elle s’occupe notamment des lectures. Elle se mue également en « chauffeure » pour accompagner les personnes sans moyen de transport lors
des cultes. Un service utilisé chaque semaine par quelques habitués et des « intermittents » également.
Une vente par année au lieu de deux
Mais, comme dans d’autres branches de la vie, les forces viennent parfois à manquer et le maintien des traditions peut devenir compliqué. C’est ce qui arrive aujourd’hui aux ventes paroissiales de Couvet et de Fleurier. « Nous avons constaté une diminution significative de nos ressources bénévoles et nous avons donc décidé de ne faire plus qu’une seule vente paroissiale par année. » Dès cette année, il n’y aura donc plus de fête à Couvet et à Fleurier mais uniquement dans un des deux villages, en alternance. « Nous verrons bien si les gens nous suivent. Et de toute manière, nous n’avions pas vraiment d’autre choix », se résigne Marinette Jequier.
Vendredi soir, on ira toujours sur les planches
L’idée de cette vente paroissiale n’est pas uniquement de rapporter un peu d’argent en vendant quelques bricoles confectionnées par des fidèles ou des parents de catéchumènes (pâtisseries, tricots, gaufres,…). « C’est surtout une façon de rassembler la population à un autre moment que lors des cultes. En général, les pasteurs participent également à la fête et au repas du samedi qui attire toujours une centaine de personnes. » Si le « menu vol-au-vent » a survécu au Covid, il n’en a pas été pareil des deux jours de vente habituels. « En novembre 2022, nous avons décidé de regrouper la vente sur un seul jour au lieu de deux. Tout en conservant néanmoins la représentation théâtrale du vendredi soir à la Fleurisia. »
Le « coup » du chapeau !
Le groupe de la Marelle sera donc à nouveau sur les planches le vendredi 17 novembre 2023 alors que la vente (et le repas) se tiendront le lendemain. Fait amusant, la troupe de la Marelle donne un prix indicatif pour sa représentation. Mais comme elle ne fixe aucun prix d’entrée et qu’elle fonctionne « au chapeau », il est arrivé que la récolte du soir n’atteigne pas la somme indicative et que la paroisse décide de mettre la différence. « Cela peut donc nous coûter plus que ça ne rapporte », sourit la Vallonnière. Mais cette union des forces contribuera vraisemblablement à alourdir le poids du chapeau. ça peut donc avoir du bon de ne pas prêcher uniquement pour sa paroisse…
Kevin Vaucher