Pizzagalli – Barbezat
Le duo vallonnier qui veut mettre la boxe suisse à ses pieds
En tant que boxeur, Robert Barbezat a connu ses heures de gloire il y a une quinzaine d’années. Le double vice-champion suisse a rangé les gants pour prendre sous sa garde le jeune espoir fleurisan Alessio Pizzagalli. L’athlète de 21 ans a un mental d’acier et un regard de fer. Mais c’est bien avec ses poings qu’il compte foudroyer ses adversaires sur le ring. Le coach et son « héritier » visent le titre romand en 2025, le titre national en 2026 et un statut de boxeur professionnel en 2027. Le début de cette ascension se passe au Val-de-Travers.
En cette journée d’août, le soleil cogne sec sur l’anneau d’athlétisme d’espaceVal. Short de boxe sur les hanches, Alessio Pizzagalli enchaîne les sprints sur la ligne du 100 mètres. Ôtez-moi d’un doute Robert Barbezat, on est bien venu rencontrer un boxeur et non un sprinteur ? « Oui oui mais le cardio est primordial en boxe. Si un boxeur n’a pas à se soucier de son souffle, il peut se concentrer sur tout le reste. J’ai accepté de coacher Alessio à une seule condition, celle de faire les choses à fond ».
Des ambitions « no limit »
Avec « Rob », pas de demi-mesure. Cela tombe bien, le boxeur de 21 ans n’est pas du genre à faire les choses à moitié non plus. À la question jusqu’où veut-il aller, il répond : « No limit. Le plus loin possible ! » Vous êtes donc bien content de transpirer autant si c’est pour progresser ? « C’est clair », balance-t-il sans fioriture dans les mots. L’objectif du duo vallonnier est ambitieux. Après trois combats en 2024, dont le prochain aura lieu le 28 septembre à Yverdon, les choses vont rapidement s’accélérer. « J’aimerais qu’il remporte le titre romand en 2025, qu’il gagne le titre national en 2026 et qu’il boxe en tant que professionnel en 2027. » Et bam !
De la foudre et du fer !
Après avoir notamment fait ses gammes en karaté et en boxe thaï, Alessio Pizzagalli est passé à la boxe il y a bientôt deux ans. Même s’il la pratique dix heures par semaine, le jeune homme ne vit pas de ses poings mais de ses bras. Au quotidien, il travaille sur les chantiers en tant que machiniste-monteur de routes. Une activité qui ressemble à s’y méprendre à celle de Robert Barbezat qui est monteur de voies ferrées. Le mentor et son élève se ressemblent aussi sur bien d’autres points. Ils sont bâtis du même métal ou presque. Rob avait la foudre dans les yeux quand il combattait alors qu’Alessio refroidit ses adversaires avec son regard de fer.
« Je m’occupe de tout »
à l’époque, Rob faisait trois fois par semaine les déplacements jusqu’à Martigny pour s’entraîner avec le meilleur club romand. Aujourd’hui, Fribourg possède la meilleure structure romande et Pizzagalli représente naturellement le BC Fribourg. « Pour être le meilleur, il faut boxer avec les meilleurs. » Mais il s’entraîne toujours au Val-de-Travers. Il bénéficie d’ailleurs du soutien de quelques sponsors pour payer ses frais d’hôtels et de déplacements. Pour le reste, c’est très simple : « Alessio doit tout me dire (ses sensations, ses douleurs, ses appréhensions,…) et je m’occupe de tout. J’ai dû arrêter ma carrière à 27 ans en raison d’une blessure. Je voulais en faire trop. Je ne veux pas qu’il lui arrive la même mésaventure. »
Entraînement dans le jardin
Du coup, vous écoutez tout le temps votre coach ? « Oui, toujours ! » Vous dites cela parce qu’il est à côté de nous ? « Allez, disons que je l’écoute mais que j’aime bien en faire un peu plus de temps en temps. » Une réaction Rob ? « Un boxeur doit avoir du caractère et Alessio en a. En plus, il a un très gros mental. » De temps en temps, les deux voisins se retrouvent dans le jardin pour taper quelques frappes avec les pattes d’ours (gants rembourrés utilisés pour contrer les coups des boxeurs à l’entraînement). Du jardin à la cour… des grands, n’y aura-t-il qu’un pas de boxe ?
Kevin Vaucher