Quand le Vallon s’électrise !
Cette annonce est passée comme une étoile dans le ciel, c’est-à-dire inaperçue au milieu des autres. Cette annonce, c’est la mise en service d’une nouvelle borne électrique équipant deux places à espaceVal. Depuis cet hiver, elle permet de recharger les véhicules électriques grâce à deux sorties d’une puissance de recharge de 22 kilowatts maximum. Pourtant, c’est un pas supplémentaire important dans le tournant écologique qui s’annonce dans les décennies à venir. Favoriser le tourisme vert, proposer des alternatives, se diriger vers l’autosuffisance et avoir un coup d’avance pour ne pas être pris de vitesse, autant de variables dont l’importance a été soulignée par l’actualité récente.
Le rôle d’une collectivité est d’anticiper les problèmes et les enjeux futurs avant qu’ils n’apparaissent et qu’ils ne mettent à mal le fonctionnement de la société. En ce sens, les efforts progressifs mais constants effectués au Val-de-Travers vont dans cet esprit. Prenez le cas des places de recharge pour véhicules électriques. La Commune annonçait cet hiver que les deux nouvelles places créées à espaceVal renforcent un réseau riche désormais de deux bornes à Fleurier, trois à Couvet, une à Travers et une à Noiraigue. Pour certains, ça peut paraître beaucoup ou prématuré. Mais pour amorcer un changement, il faut bien poser les bases nécessaires qui permettront de le faire le moment venu (s’il vient). Pour qu’il se concrétise vraiment, encore faudra-t-il éviter de faire les mêmes erreurs que celles effectuées par la politique liée aux transports en commun. Autrement dit, ce n’est pas en proposant des alternatives hors de prix qu’il sera possible de changer les habitudes d’une large partie de la population.
Après le solaire, l’électrique à espaceVal
Mais on n’en est pas encore à un stade aussi avancé pour juger l’installation financée conjointement par la Commune de Val-de-Travers et l’ECAP. D’ailleurs, le responsable des infrastructures d’espaceVal, Dominique Wyss, reconnaît que c’est d’abord pour couvrir un besoin des adeptes de tourisme vert que ce projet a germé.
C’est une offre supplémentaire que l’on propose et on verra comment les gens vont en disposer cet été lorsque l’afflux touristique sera à son apogée.
Dans l’immédiat, les deux places de recharge pour véhicules électriques seront prochainement marquées comme telles au sol. Notez que le temps de charge maximal est de trois heures pour permettre un « roulement d’utilisateurs » si besoin. Pour des informations liées au prix, vous pouvez vous référer à l’encadré de l’article.
Cet investissement (environ Fr. 10’000.-) s’inscrit en droite ligne de la philosophie d’espaceVal pour qui le virage du renouvelable a déjà été pris il y a plusieurs années. Courant 2020, nous avons installé plus de 1270 panneaux solaires sur le toit des salles de gym et de la piscine.
Ils ont été posés sur plus de 2000 mètres carrés afin de produire annuellement 395’000 kWh, soit l’équivalent de la consommation de 110 ménages.
C’est largement suffisant pour les besoins de notre centre et ça permet aussi d’alimenter la nouvelle borne électrique (le surplus est revendu au Groupe E). La coopérative solaire Neuchâtel (COOPSOL) avait fait un super travail pour son financement. C’est via un système de souscription que le projet avait abouti.
850 parts sociales de Fr. 500.- avaient trouvé preneurs en moins de cinq mois pour supporter le coût de Fr. 425’000.-.
Projet d’abri pour vélos électriques
Dans les années à venir, il se pourrait que la partie encore dépourvue de panneaux solaires soit elle aussi équipée mais ce n’est pas prévu dans l’immédiat.
L’ECAP veut moderniser tout l’hébergement du centre donc ce n’est pas encore le moment d’y penser. L’emplacement est idéal en tout cas.
Ces évolutions vers des énergies plus propres sont aussi bien utiles pour ne pas dépendre d’un autre organisme – ou pire, d’un autre pays – pour fonctionner.
C’est dans l’air du temps et si on peut anticiper les choses et être un peu précurseur dans certains domaines, c’est tout bénéfice pour le futur selon moi.
Une vision partagée par le directeur du centre Jean-Michel Messerli et qui semble l’être tout autant par le conseiller communal Eric Sivignon, chef du dicastère du territoire (urbanisme), des sports et de la culture.
Lorsque le bus utilisé pour du transport de matériel et divers déplacements devra être renouvelé, c’est vers de l’électrique qu’espaceVal se tournera logiquement.
Lorsque la transformation de l’arrêt de bus devant le centre sera actée par TransN, nous allons aussi pouvoir concrétiser un projet de couvert pour permettre la recharge des vélos électriques. Il prendra la forme de plusieurs casiers avec prises électriques où les utilisateurs pourront brancher leurs chargeurs tout en mettant leurs casques et leurs gants en sécurité.
Et une piste d’athlétisme avec un revêtement spécial produisant de l’énergie grâce à ceux qui courent, c’est une idée ?
Ah, il n’y a pas encore de discussions ouvertes sur ce dossier,
rigole Dominique Wyss. Dommage, car le couple Fatton prévoit bientôt d’y débarquer avec 20 athlètes pour une course de 24 heures (du 23 au 24 avril de midi à midi). Et là, même pas besoin de borne pour borner !
Kevin Vaucher
L’électrique, combien ça coûte ?
La consommation d’une voiture électrique varie selon son modèle. Elle est en moyenne de 15 kilowatts par heure (kWh). Une batterie de 50 kWh parcourt généralement 300 kilomètres. Voici quelques exemples d’autonomie testés en conditions réelles par le TCS. Smart forfour EQ, microcitadine (capacité de batterie 17,6 kWh, soit 120 km, environ Fr. 5000.-), Nissan Leaf Acenta, compacte (40 kWh soit 175 km, prix : environ Fr. 30’000.-) et Tesla Model S Long Range, berline (100 kWh, soit 476 km, prix : plus de Fr. 100’000.-). Pas de surprise, l’autonomie augmente parallèlement au prix du véhicule. La recharge auprès d’une borne du réseau Move (comme celle installée à espaceVal) se fait au moyen de carte ou de badge. La solution pour les conducteurs très occasionnels (maximum deux recharges par mois) revient à un prix de 0.59 centime le kilowatt. C’est plus cher si vous utilisez une borne appartenant à un autre exploitant. Des solutions avec abonnement annuel sont disponibles pour les utilisateurs réguliers. Dans ce cas, vous payez Fr. 59.- pour l’année et le prix du kilowatt est dégressif (0.45 centime pour une charge accélérée). Un abonnement mensuel avec recharge illimitée est aussi possible moyennant Fr. 249.-/mois. Des tarifs spéciaux sont aussi prévus pour les entreprises.