Quentin Di Meo, l’homme orchestre !
Une étape de plus de franchie, en politique, pour Quentin Di Meo. Il y a quelques jours, le Vallonnier de 29 ans a été élu à la présidence du groupe PLR au sein du Grand Conseil neuchâtelois. « Cela va simplement me rajouter quelques séances supplémentaires », temporise avec ironie celui qui siège également dans plusieurs commissions ainsi que différents conseils d’associations et fondations. Employé à 100% à la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie, il trouve néanmoins toujours le temps de souffler un peu… dans sa trompette, au sein de la fanfare de Fleurier, qu’il a rejointe en 2007.
Lorsque nous trouvons un moment de libre pour échanger, Quentin Di Meo est d’ailleurs en camp musical, sur les hauteurs des Bayards. Même si ses activités professionnelles et politiques se passent essentiellement dans le bas du canton, le Vallonnier reste profondément attaché à sa région. « J’ai grandi au Val-de-Travers, j’y ai ma famille et beaucoup de mes amis. Ce n’est absolument pas à l’ordre du jour de déménager même si je ne vois que rarement le Vallon lorsqu’il fait jour », conceptualise celui qui a trouvé refuge à Saint-Sulpice, il y a quatre ans.
« Quelque chose de différent…»
Le jeune homme manie les mots avec adresse et on sent que la politique cantonale le passionne sincèrement. C’est d’ailleurs pour poursuivre son engagement politique, en remplissant une fonction qui lui est encore inconnue, qu’il a fait acte de candidature pour devenir le chef de file du PLR au sein du parlement neuchâtelois. « Je suis député depuis six ans et j’ai occupé la présidence du Grand Conseil l’année dernière. J’avais besoin de m’engager un peu plus dans quelque chose de différent. » Sans doute nourrit-il des ambitions plus élevées encore mais il se garde bien de regarder trop loin.
Des ambitions à long terme ?
« En politique, c’est toujours difficile de faire un plan de carrière sur du long terme. Je pense que le meilleur moyen de durer est de faire les choses pour lesquelles on a été élu. » Lui, il a été élu à la présidence de son groupe tacitement car personne n’a souhaité candidater contre lui. Une approbation tacite de ses collègues qui prouve qu’il a acquis une réputation solide dans son domaine. Le Vallonnier porte actuellement plusieurs mandats dont celui de membre du Conseil général de Val-de-Travers et de député au Grand Conseil. « Bien sûr que j’ai envie de continuer mais je ne sais pas où cela finira par me mener », affine-t-il en cours de route.
Dossiers de plus en plus complexes à traiter
S’il se consacre à corps perdu à ses responsabilités politiques, Quentin Di Meo n’en reste pas moins salarié à 100% auprès de la Chambre du commerce et de l’industrie. « J’ai de la chance car mon activité professionnelle est très liée aux questions politiques. C’est un avantage certain car les dossiers politiques du canton se sont énormément complexifiés ces dernières années. Il n’est pas rare de devoir analyser des dossiers techniques de plus de 100 pages sur certains sujets. En cela, la politique de milice touche un peu ses limites. Je pense notamment aux indépendants (menuisier, agriculteur,…) qui exercent des mandats politiques. Je pense que cela leur coûte davantage financièrement que cela leur rapporte. »
Son parti peut respirer !
Les députés sont défrayés, au moyen d’indemnités de présence notamment. Mais ça ne saurait aucunement constituer un métier à part entière à cet échelon. « C’est plutôt une activité de convictions et d’engagement citoyen. Ça prend beaucoup de temps donc c’est pour cela que je dis qu’il est rare que je voie le Val-de-Travers de jour. Mes journées sont bien chargées », expose-t-il sans se plaindre. Le souffle qu’il lui reste, c’est dans sa trompette que « l’homme orchestre (de chambre) » décide souvent de l’envoyer. « J’adore avoir du temps à prendre pour la fanfare de Fleurier. C’est quelque chose que je compte poursuivre le plus longtemps possible. » Une chose est sûre : le futur trentenaire a des poumons en pleine santé. Son parti peut respirer !
Kevin Vaucher