Rallye
Dans les petits papiers du pilote
Ce n’est pas exagéré de dire que Mathieu Wyttenbach vit au milieu des voitures. Professionnellement d’abord. En 2015, le Vallonnier a pris la tête de la carrosserie familiale de Couvet. Une entreprise qui va bientôt migrer au-dessus du garage Hotz de Travers à la suite de leur rapprochement acté il y a quelques mois. « On est plus forts ensemble », dit celui qui applique aussi cette maxime dans sa passion qu’est le rallye. Une passion arrivée vers ses 20 ans avec « un grip » particulier pour la prise de notes.
Pour Mathieu Wyttenbach, la prise de notes, cʼest le moment où toute la course se construit.
Il faut identifier les dangers, lʼangle des virages, le type de terrain, la présence dʼune grille qui ressort plus que les autres et ainsi de suite. Plus ce travail de reconnaissance est précis, plus lʼéquipage sera rapide et en sécurité sur ses spéciales.
Chacun utilise ses astuces pour se retrouver dans ses notes, comme la présence dʼune boîte aux lettres en bord de route par exemple. Et chaque virage du parcours est répertorié en fonction du degré de volant nécessaire pour le franchir. Lʼéchelle va de un (type épingle) à six (quasiment droit).
Cʼest un travail tellement intéressant et primordial que je vous propose de venir une fois avec moi pour le découvrir directement à lʼentraînement.
Excellente idée, allons lire la route ensemble prochainement !
Bientôt un atelier moderne à Travers
Né à Fleurier, lʼhomme de 36 ans avait un destin tout tracé pour lui. Dans le sillage de son papa – qui avait lui-même fait pareil avec son père –, il a rapidement intégré lʼéquipe de la carrosserie familiale avant dʼen prendre la responsabilité en 2015.
Cʼest vrai que les voitures, cʼest ma vie depuis petit. Jʼadore ça ! Je suis content de faire partie de cette histoire familiale et même dʼy contribuer.
Cette contribution a notamment pris la forme dʼun rapprochement avec les Garages Hotz SA en fin dʼannée dernière.
Wyttenbach représentera désormais la partie « carrosserie » des Garages Hotz. Jʼen serai le chef dʼatelier et le projet conduira bientôt à la construction dʼun espace de travail moderne au-dessus de lʼentreprise actuelle de Travers.
Une course pour se convaincre
Le père de deux enfants ne se contente pas de prendre soin de « lʼenveloppe » des voitures, il y monte dedans aussi dans le cadre de rallye.
Cela mʼest tombé dessus vers mes vingt ans. La femme de mon ami Steeve Guillaume est tombée enceinte et il sʼest retrouvé sans copilote. Du coup, il mʼa demandé de prendre sa place une fois et une seule course a suffi à me convaincre que cʼétait mon truc.
Depuis 2018, Mathieu Wyttenbach prend aussi le volant en compétition, tout en continuant à entrer dans la combi de copilote si besoin (la licence annuelle de pilote accorde ce droit). À lʼécouter, on a presque lʼimpression quʼil accorde une plus grande valeur à ce rôle-là.
Cʼest une position spéciale et stratégique. Un mauvais renseignement ou une indication formulée trop tard et lʼéquipage peut se retrouver en danger. Cʼest important dʼavoir une personne de confiance à côté de soi.
Passage au contrôle médical
En réalité, un pilote peut faire appel à nʼimporte quel « second » durant la saison car aucun copilote nʼappartient à un conducteur.
Moi, je préfère connaître la personne avec qui je fais équipe. Idéalement, je veux le côtoyer dans la vie pour quʼune confiance puisse sʼinstaller.
Pas de problème de ce côté puisque cʼest avec son cousin Romain Gauch quʼil essaie aujourdʼhui de dompter les routes suisses et étrangères. Avant de pouvoir prendre part à des compétitions, un contrôle médical comprenant un test de la vue et un check-up complet (tous les trois ans) est à effectuer.
Et il faut le permis de conduire bien sûr. Pas de permis, pas de courses. Cela motive à rester sage lorsquʼon prend la voiture hors rallye,
précise-t-il en souriant.
Service de location pour la voiture
Malgré le statut semi-professionnel du championnat suisse, le rallye coûte bien plus quʼil ne rapporte à ce niveau.
Certains roulent avec des véhicules de location en fait. Il y a des sociétés qui louent le package voiture et mécaniciens. Pour quelquʼun qui travaille à son compte, comme moi, cʼest une solution idéale. Dans les années 1980, cela ne se faisait pas ou très peu mais cʼest très économique au niveau du temps investit sur le véhicule. Cʼest un tarif au kilomètre. Pour le Critérium jurassien que je viens de faire, il fallait compter 7000 euros avec essence mais sans pneu (15ʼ000 avec pneus). Il faut rajouter la même somme si on détruit la voiture.
Les assurances ou les franchises pour dégâts sur son bolide et sur celui dʼun autre concurrent sont un gros poste de dépenses. Pour limiter les frais, mieux vaut participer au cours de copilote (non obligatoire !!) dispensé par Swiss Rallye Codrivers. Il coûte 150 francs mais peut sauver des vies. Mieux vaut être dans les petits papiers de la grande faucheuse !
Kevin Vaucher