Recensement
Légère baisse de la population Vallonnière
Il y a une semaine, le Canton de Neuchâtel a publié les chiffres du recensement annuel de la population. Si, à l’échelle cantonale, le nombre d’habitants voit une croissance de 210 personnes, soit une hausse de 0.1%, les communes du Val-de-Travers connaissent des évolutions différentes, avec de très légères diminutions pour Val-de-Travers et Les Verrières et une subite augmentation pour La Côte-aux-Fées.
La nouvelle de la perte de 76 habitants en 2021 pour la Commune de Val-de-Travers « frustre évidemment les autorités communales » comme celles-ci lʼannoncent dans un communiqué de presse au lendemain de la publication du recensement cantonal. Au 31 décembre dernier, la population de la commune fusionnée sʼélève à 10ʼ499 habitants, soit une diminution de 0.72% par rapport à la fin de lʼannée 2020.
Il sʼagit toujours de la vision du verre à moitié vide et à moitié plein,
image Benoît Simon-Vermot, président de Val-de-Travers. Le conseiller communal en charge du dicastère de lʼadministration et de la protection de la population (DAPP) souhaite souligner différents aspects qui permettent de relativiser cette petite baisse.
La moitié de celle-ci est due au mouvement naturel de la population, soit la différence entre naissances et décès, sur lequel les autorités communales nʼont que peu ou pas dʼinfluence,
explique-t-il, en évoquant une possible influence de la « pandémie », sans oser sʼavancer plus avant en lʼabsence dʼétudes ou de preuves.
Également, au niveau cantonal, nous ne sommes pas les seuls à avoir perdu quelques habitants,
détaille Benoît Simon-Vermot, sans vouloir abuser de la comparaison. Le président de commune souligne que la région et la commune fusionnée ont souvent vécu des mouvements de population importants.
Selon les statistiques cantonales, sur les vingt dernières années, Val-de-Travers enregistre une baisse de 3.6% de sa population, loin de la chute vertigineuse entre 1970 et 1980 de 18.79%. Et le chef de lʼexécutif ne voit pas de tendance à la baisse, même si depuis 2016, la commune enregistre une diminution de sa population.
En 2019, nous étions à lʼéquilibre avec quelques habitants de plus et la perte de lʼannée dernière est minime en corrélation avec nos 10ʼ500 habitants,
relativise-t-il, en soulignant quʼil « nʼy a pas de vague ». Néanmoins, 543 « déménagements » ont eu lieu en 2021, la plupart (27.1%) pour des départs à lʼétranger ou des changements dʼemploi ou de lieu de travail (21.4%), contre 525 nouvelles installations.
Il est vrai que des professions ou des postes nʼexistent pas dans notre région, comme ils nʼexistent pas, au niveau macro-économique, dans lʼArc jurassien,
analyse Benoît Simon-Vermot. Pour le reste, le conseiller communal argumente que la Commune met tout en œuvre pour offrir des conditions-cadres propices pour que des entreprises puissent se développer, en citant lʼexemple de Celgene à Couvet, devenu Wuxi STA.
« Il y a tout ce quʼil faut »
Selon le dernier recensement cantonal, la commune ayant augmenté le plus sa population en rapport avec son nombre dʼhabitants, 5.25%, est La Côte-aux-Fées.
Cela peut faire des jaloux,
commente, légèrement caustique, Laurent Piaget, président de commune. En une année, la commune compte plus de 24 nouveaux habitants, ce qui pousse son total à 481 personnes. Le conseiller communal en charge des transports et de lʼaménagement du territoire et de lʼénergie explique que cette subite hausse est surtout liée au déménagement sur le territoire communal de quelques familles nombreuses.
Cʼest une surprise agréable et jʼespère que cela continue à augmenter,
relève Laurent Piaget, en arguant le bénéfice sur la vie du village et les finances communales. Toutefois, le conseiller communal note un point souvent ignoré : les frais communaux pour la scolarisation des enfants dans les cercles scolaires communaux, qui représentent plusieurs dizaines de milliers de francs par année.
Cʼest un léger revers de médaille à prendre en compte au niveau du budget de la commune,
explique-t-il, en précisant que dans la balance cela ne pèse pas sur la joie de voir sʼétablir de nouveaux habitants.
Le président de lʼexécutif de La Côte-aux-Fées liste des atouts de la commune : commerces de proximité, qualité de vie, nature et lien avec les transports publics.
Notre commune a tout ce quʼil faut,
déclare-t-il. Une déclaration que peut reprendre son homologue de Val-de-Travers.
Au Val-de-Travers, les personnes ont tout sur place,
juge Benoît Simon-Vermot, en énumérant commerces, écoles, lieux de vie associative et culturelle, tout en étant proches des grands centres urbains en voiture ou en transports publics. Le responsable du DAPP de Val-de-Travers cite aussi une étude du Crédit Suisse, se basant sur le revenu disponible des ménages après déduction de lʼensemble des charges, qui révèle que Neuchâtel et le Val-de-Travers possèdent une certaine attractivité. Pour preuve, 525 personnes se sont établies dans la commune fusionnée en 2021, soit lʼéquivalent du village de Boveresse.
Grands projets et qualité de vie
Dans lʼobjectif de maintenir et renforcer cette « attractivité », le Conseil communal a lancé depuis ces dernières années différents « grands projets » notamment lʼaugmentation de lʼoffre dʼaccueil extrafamilial, la refonte du plan dʼaménagement local ou encore le développement dʼécoquartiers.
Il sʼagit dʼun faisceau de projets, un ensemble dʼéléments, qui peuvent y contribuer,
explique Benoît Simon-Vermot, en notant quʼun projet à lui seul ne peut suffire à attirer de nouveaux habitants. Le président de Val-de-Travers estime que la réforme de la fiscalité cantonale constitue une plus-value et ajoute que la commune doit mettre en place les conditions de vie pour que « les gens trouvent leur bonheur ». Bonheur quʼil peut constater lors de la journée dʼaccueil des nouveaux habitants ravis de la qualité de vie au Val-de-Travers. Un élément central qui est parfois peu aisé à « faire comprendre » aux personnes de lʼextérieur que les autorités et également les associations de la région permettent de promouvoir.
Nos habitants sont les meilleurs ambassadeurs de la commune,
conclut Benoît Simon-Vermot.
Son homologue de La Côte-aux-Fées abonde en ce sens et ajoute que sa commune, mais aussi la région, a aussi un atout financier : le prix du terrain plus bas que dans dʼautres région du canton.
Actuellement, le prix sʼélève à 105 francs le m2,
indique Laurent Piaget.
Et il y a encore des terrains à vendre et de belles parcelles,
souligne-t-il, se muant presque en agent immobilier. Un discours promotionnel que lʼon retrouve aussi chez Mike Simon-Vermot, président de lʼexécutif verrisan, qui met en avant les surfaces en terrain industriel disponibles. La population des Verrières est demeurée relativement stable en 2021 avec une légère baisse de cinq habitants, soit une diminution de 0.78%. Une stabilité observée depuis trois ans, même si Mike Simon-Vermot reconnaît quʼil est toujours dommage de « perdre des habitants » et que cela pourrait être une inquiétude. Le conseiller communal en charge du contrôle des habitants, Daniel Galster, précise quʼil est difficile de connaître les motifs de départ, mais estime que les familles installées restent dans la commune. Toutefois, les deux conseiller communaux verrisans avouent que lʼexécutif planche sur différentes pistes de réflexion pour renforcer lʼattractivité des Verrières. Rendre le Val-de-Travers attractif, malgré tous ses atouts intrinsèques, voilà la vision des exécutifs communaux. Néanmoins, avec une diminution de 0.49% en 2021, le Vallon ne se dépeuple pas.
Gabriel Risold