Remontées mécaniques
La saison des sports d’hiver est lancée
Avec les chutes de neige des derniers jours, les remontées mécaniques de La Robella et les téléskis de La Côte-aux-Fées et des Verrières ont pu ouvrir et accueillir nombre d’amoureux de la glisse et des sports d’hiver. Un début d’hiver enneigé et placé sous le sceau du Covid-19 qui tranche avec l’inactivité de la saison précédente.
Derrière son masque, Vincent Bouquet a certainement le sourire. Le responsable du domaine La Robella TBRC nous avoue que l’affluence est plus qu’encourageante. « à cette période de l’année, c’est presque du jamais vu ! », s’exclame-t-il en essayant de se remémorer pareilles conditions. Les installations butteranes ont pu ouvrir le 29 décembre et le ski est possible depuis le 1er janvier avec un enneigement qu’il qualifie de correct, seule la piste rouge est malheureusement fermée.
Certes, la trentaine de centimètres d’or blanc est juste suffisante, mais Vincent Bouquet reconnaît que la fréquentation des derniers jours est exceptionnelle. « Ceci est dû à différents facteurs », précise-t-il, « la période des fêtes, les vacances scolaires et le fait que seules les activités de neige sont ouvertes en raison de la situation sanitaire. » Effectivement, en ce lundi après-midi, le parking est passablement rempli, quelques familles s’équipent à l’arrière de leur voiture pour leur demi-journée, des randonneurs à ski fixent les peaux de phoque, alors que d’autres arrivent déjà en bas de leur descente des Couellets. Toutefois, c’est surtout la piste de luge qui rencontre le plus de succès car un brouillard tenace s’arrime toujours aux crêtes enneigées.
À son bureau, Vincent Bouquet nous explique que pouvoir ouvrir les pistes à cette période est important pour créer un engouement et rappeler aux gens que l’on peut skier dans le Jura, notamment après une dernière saison catastrophique. Nous ne pouvons pas lui donner tort au regard de la « ruée » des Neuchâtelois sur les pistes cantonales lors des derniers jours. Cependant, il n’y a pas que la clientèle locale, même si, ce lundi, la large majorité des plaques minéralogiques du parking arborent un « NE ». Sans tenir de décompte précis, le responsable du domaine estime qu’un nombre non négligeable de clients des derniers jours venaient pour la première fois à Buttes. « Je peux même vous dire que nous avons entendu parler quelques fois suisse allemand à la caisse », nous avoue-t-il, un sourire dissimulé derrière le masque. Justement, Vincent Bouquet voit-il sur ce point une sorte d’effet Covid-19 ? « Probablement », nous répond-t-il. « En tout cas, durant le mois de novembre et le début décembre, beaucoup de personnes hors canton se sont renseignées au sujet du domaine et des installations.» Et au responsable de La Robella de nous confier qu’éventuellement la crainte des grandes foules des stations valaisannes a pu pousser certaines personnes à privilégier de plus petits domaines.
Aux Verrières, l’enthousiasme est également de mise. « Nous avons ouvert le 31 décembre et nous avons constaté une forte affluence », relève Blaise Cand, très satisfait de cette fréquentation et de l’enneigement. Le responsable bénévole du téléski souligne que la dernière ouverture datait de février 2018. à l’instar de Vincent Bouquet, Blaise Cand constate un certain effet « Covid » sur l’attractivité de ces installations en décryptant la clientèle. En plus des habitués et des personnes de la région, il a pu remarquer la présence d’adeptes de la glisse plus lointains, soit des Suisses passant les fêtes dans la région ou des habitants de la commune frontalière des Verrières-de-Joux. Également, le bénévole passionné reconnaît que les deux installations sont très appréciées et notamment pour l’apprentissage des sports de neige. « La saison débute bien », convient Blaise Cand en nous rappelant que l’installation de La Côte-aux-Fées a pu également ouvrir le 30 décembre. Le président de l’association du ski-lift, Laurent Piaget, nous confie que la quantité de neige est juste suffisante pour une ouverture, mais les conditions sont tout de même bonnes. Il note une très bonne fréquentation, notamment des habitués de la région et des enfants de la commune qui impatiemment attendaient cela. Paradoxalement, Laurent Piaget croise les doigts pour que le temps couvert et froid persiste. « Cela permet d’éviter la fonte de la neige », explique-il, en croisant les doigts pour les prochains jours.
Une ouverture mais avec des mesures
Contexte pandémique oblige, les petits domaines doivent également appliquer des plans de protection approuvés par les autorités cantonales. Pour Blaise Cand, les mesures sanitaires n’ont pas été compliquées à mettre en place. Les personnes se montrent responsables en portant le masque et gardant une distanciation physique. De son côté, Vincent Bouquet tient à ajouter un bémol. « Même si pour la plupart des clients, c’est ok, il a fallu à quelques reprises faire un peu de pédagogie auprès de certains » reconnaît-il, parfaitement masqué. Les deux responsables s’accordent sur le fait que le respect de ces mesures est primordial afin de pouvoir demeurer ouverts. Néanmoins, le principal impact des directives sanitaires concerne la buvette des Verrières, où seule la vente à l’emporter est autorisée, et la fermeture du restaurant de La Robellaz. « L’Auberge des Fées a mis en place un système take-away », précise Vincent Bouquet pour ceux qui n’auraient pas prévu d’en-cas. D’ailleurs peut-être est-ce le cas de cette famille qui se sustente assise sur le rebord du coffre de leur véhicule.
Ainsi, malgré la situation actuelle si particulière, la saison hivernale débute de manière idéale pour les installations du Val-de-Travers, comme Blaise Cand et Vincent Bouquet le soulignent tous les deux. Cependant, le responsable de La Robella et celui des téléskis des Verrières ont encore un souhait, de nouveaux flocons, et toujours une crainte, un redoux.
Gabriel Risold