Services ambulanciers
Changement en vue pour les vallées neuchâteloises
Vendredi dernier, les communes de Val-de-Ruz et de Val-de-Travers présentaient à la presse leur projet des Ambulances des Vallées neuchâteloises, soit le regroupement en une seule entité des deux communes, du service des ambulances de Val-de-Travers et des Ambulances Roland. Une opération qui devrait se concrétiser pour le début de l’année 2023 et donner naissance au plus grand service d’ambulances du canton. Toutefois, le projet demeure soumis aux votes des législatifs, qui auront lieu fin juin.
Un nouveau paysage cantonal des services ambulanciers se profile. Les communes de Val-de-Travers et de Val-de-Ruz ont présenté leur projet d’acquérir conjointement les Ambulances Roland afin de créer, avec le service des ambulances du Val-de-Travers, une nouvelle entité, les Ambulances des Vallées neuchâteloises. L’opération est encore conditionnée aux votes des conseils généraux des deux communes qui auront lieu fin juin, mais deux approbations aboutiraient à la constitution du plus grand service d’ambulances du canton.
Conseiller communal de Val-de-Ruz, en charge notamment de la santé et de la sécurité, François Cuche a rappelé que depuis 2019 un rapprochement s’était opéré entre le service des ambulances du Val-de-Travers et l’entreprise Ambulances Roland qui est mandatée par la commune de Val-de-Ruz pour ses services ambulanciers. Les deux compagnies œuvrent ensemble sur le plan opérationnel depuis cette date et un cheminement vers toujours plus de collaboration est entrepris.
Tous les éléments pour un mariage sont au rendez-vous,
a imagé François Cuche. Son homologue à Val-de-Travers, Benoît Simon-Vermot, a réitéré cet historique en ajoutant que les deux sociétés d’ambulances s’étaient « pas à pas » rapprochées et que depuis 2019 le chemin de la fusion avait été pris.
Ce projet est la dernière touche de vernis de ce processus,
a-t-il expliqué en soulignant la force de l’idée d’une entité solide qui « tirera partie des synergies préexistantes ».
Opportunité de rachat
Depuis 2015, quatre services d’ambulances existent dans le canton de Neuchâtel, à Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Couvet et à Val-de-Ruz et sont sous la responsabilité des communes. Hors, le cas de Val-de-Ruz fait figure de cas particulier, la commune ne possédant pas d’ambulances mais ayant un mandat de prestation avec les Ambulances Roland.
L’acquisition de l’entreprise, située à Malvilliers, permettra à la commune de mettre fin à cette « exception communale ».
Val-de-Ruz est extrêmement satisfait du parcours avec les Ambulances Roland,
a tenu à préciser François Cuche. Le conseiller communal de Val-de-Ruz est persuadé que la future entité offrira une « assise supplémentaire » et un outil « agile » pour la commune dans un domaine en constante évolution. Pour Benoît Simon-Vermot, ce rachat en commun avec Val-de-Ruz permettra de préserver le système de collaboration mis en place en 2019 et renforcera ce service indispensable.
Le timing de ce projet de rachat des Ambulances Roland découle de l’opportunité d’acheter les parts sociales aux trois associés de la société. En effet, son actionnaire principal souhaite, après 35 ans dans ce secteur, se départir de ses parts à condition d’une solution « pérenne pour tout le monde » et d’un projet ambitieux. Ainsi, depuis 2020, les deux communes et l’entreprise ont mené des réflexions pour aboutir au projet des Ambulances des Vallées neuchâteloises. L’opération est devisée à 1’150’000 francs pour le rachat des parts sociales, soit 575’000 francs par commune. Après l’achat, Val-de-Ruz et Val-de-Travers seront propriétaires à 50% chacune du capital social et financeront un fond de roulement de la société de 800’000 francs, à parts égales. Enfin, le patrimoine du service des ambulances du Val-de-Travers sera vendu à la nouvelle société qui conservera son statut de Sàrl.
« Retour en arrière » difficile
Le projet commun de Val-de-Ruz et de Val-de-Travers doit encore être examiné par les législatifs des deux communes. En cas de double acceptation, la nouvelle entité verra le jour le 1er janvier 2023. L’ensemble des employés des deux services sera conservé et la nouvelle société comptera une soixantaine d’employés pour 43 équivalents plein-temps, actifs sur deux bases de départ, Couvet et Malvilliers, et sera dirigée par trois codirecteurs avec une direction stratégique à charge des communes.
Et si un des deux conseils généraux devait rejeter le projet ? François Cuche et Benoît Simon-Vermot reconnaissent « n’avoir pas de plan B », mais se veulent optimistes. « Un retour en arrière serait difficile et constituerait une perte de trois ans de collaboration », avoue Benoît Simon-Vermot, en soulignant que les collaborateurs se sont aussi ralliés au projet. Le président de Val-de-Travers estime que le statu quo est envisageable, mais que cette situation « n’est pas idéale sur le long terme ». Y aura-t-il du nouveau dans le paysage des services ambulanciers neuchâtelois ? Réponse le 20 juin prochain à Val-de-Ruz et le 24 juin à Val-de-Travers.
Gabriel Risold