Team Espina : mai – juillet 2023
Dans le « pif » de la juge !
Destination 2024 ! Flore Espina est une cavalière vallonnière expatriée en Espagne. Elle vise une participation aux Jeux paralympiques de Paris en 2024. En janvier 2022, nous avons dressé son portrait en revenant notamment sur l’accident qui lui a coûté sa jambe gauche à l’âge de 21 ans. Son rêve olympique, elle l’a gardé intact ! La jeune femme (36 ans) vous livre régulièrement de ses nouvelles vers l’accomplissement de son but qu’elle cherche à atteindre au côté de sa monture Dartañan de Fangar. Alors, une Vallonnière aux JO de Paris, vous y croyez ? Nous on y croit !
Salut le Vallon ! J’espère que vous allez bien. Moi je continue ma route vers Paris en participant aux différents concours de qualification. Dans ma catégorie, l’équipe de Suisse distribuera un billet seulement. Et comme ça se profile, tout se jouera avec une autre concurrente. C’est donc une lutte à deux, et à distance, qui se dessine désormais. L’autre binôme a beaucoup d’expérience car la cavalière Nicole Geiger monte son cheval depuis quinze ans et elle a déjà participé à deux olympiades. Mais j’y crois et j’ai confiance en ma monture Dartañan.
Trois jours à rouler de nuit
Le choix de la sélection helvétique se fera sur une multitude de critères donc nous n’avons qu’une chose à faire d’ici à la fin de l’année : tenter de faire les meilleurs résultats possibles pour grimper au « ranking ». Du coup, nous avons enchaîné deux grands concours depuis ma dernière chronique. À Madrid en mai et en Italie lors du week-end écoulé. C’est super de prendre de l’expérience mais ça fait souvent de longs voyages à appréhender. Pour Madrid, c’était relativement court (8 heures) mais notre virée en Italie a été bien plus compliquée. Pour que le cheval ne souffre pas trop de la température, nous avons choisi de rouler de nuit, en plusieurs étapes. Il nous aura fallu trois jours et une trentaine d’heures pour rallier le lieu du concours.
Une juge nous avait dans le pif
Malheureusement, mon entraîneur Alvaro Vega n’a pas pu nous accompagner sur cette compétition mais on a fait de notre mieux. Pour ce qui est du concours italien, ça s’est relativement bien passé. Surtout sur la discipline du freestyle où nous avons obtenu une note supérieure à 68. Un tout bon résultat à ce niveau. Malheureusement, les deux jours précédents se sont moins bien passés car une juge nous avait dans le pif.
On avait toujours des bonnes notes de deux juges mais la moyenne s’effondrait à chaque fois à cause de cette dame. Je ne parle pas d’un ou deux points d’écart mais elle nous notait à 7 points en dessous des deux autres. C’est juste énorme ! Du coup, les deux premières compétitions n’ont pas débouché sur d’excellentes notes finales (62 et 63).
Participation incertaine pour les Européens
Nous avons été meilleurs à Madrid (63 et 65 ainsi que 68 au freestyle). Ce qui est dommage, c’est que nous réalisons les bonnes performances sur le freestyle alors que nous aurions besoin de les faire sur les deux autres parcours. Théoriquement, on remplit les critères de Swiss Olympic pour aller aux championnats d’Europe en septembre. Mais la fédération suisse a des critères plus sévères alors on ne sait pas si elle va nous y envoyer ou pas. J’ai quelques doutes car les frais sont à la charge des fédérations pour les Européens. Sur les autres concours, ce sont les cavaliers qui passent à la caisse. Sinon, la télé allemande m’a suivie quelques jours pour un documentaire diffusé sur la Deutsche Welle. C’était cool mais je reste focalisée sur la suite des qualifs. Je vous redonnerai des nouvelles après les vacances ou « en live » car je passe quelques jours au Val-de-Travers actuellement. À très vite !
Flore Espina