Théâtre des Mascarons
Deux soirées délirantes pour clore l’année
Le Théâtre des Mascarons accueille Le Quatuor Bocal (que vous aviez déjà vu et entendu pour «Amuse-bouche») les 30 et 31 décembre. Le comité a assisté à l’une de leurs représentations et, à l’unanimité, tous les membres furent conquis par ce spectacle déjanté, délirant, brillant; de la dentelle vocale et scénique.
La soirée
Pendant l’installation du public, quatre choristes de l’écho du Bout-de-Fa s’affairent entre accueil, scène et coulisses : il y a un directeur à trouver au bout du fil, un Powerpoint de la rétrospective des 100 ans à surveiller, une caisse de croûtons à caser. Et les bras manquent : ils auraient dû être 28, mais à la suite d’une dernière répétition houleuse, la soirée annuelle risque de reposer sur les épaules de ces quatre chevaliers de l’Apocalypse.
On sauve les apparences, on se débrouille sans le directeur, on entonne le premier chant. Qui sait? Peut-être que le discours du président donnera à certains le goût de nous rejoindre sur scène. Et si on croyait au miracle ? Et si on se réfugiait dans le déni ? Et si on s’accrochait à la nostalgie des flamboyants débuts du chœur?
Au cours des 80 minutes de spectacle chanté, joué et presque dansé, le Quatuor Bocal nous embraque dans une parodie-hommage sur les chœurs d’hommes de village : un regard tendre et intelligent sur ces sociétés locales qui constituent notre héritage et l’âme de nos collectivités. On rit, on acquiesce et on pleure aussi, entre les bévues du caissier, l’agressivité mal maîtrisée du sous-chef et le craquage du président. Ici, le Quatuor enchaîne sa réflexion sur nos fonctionnements collectifs en temps de crise, comment oser faire le pas du changement sans liquéfier notre identité? Comment trouver le courage de regarder la vérité en face? Par quels moyens retrouver notre inspiration originelle et le goût du travail bien fait?
Comm.