Tir-carabine
La relève a dégainé ce week-end
Le stand de tir de Couvet a accueilli une grosse dizaine de tireurs et tireuses de la relève romande ce week-end. C’est la troisième année qu’il est le théâtre de ce camp réunissant « ceux qui veulent aller plus loin » et titiller le cadre romand et national d’un peu plus près. On parle ici de 50 mètres petit calibre. Les participants ont notamment été passés au crible par le logiciel d’analyse russe SCATT afin d’améliorer leur technique de visée. Ce système d’entraînement est l’un des plus efficaces au monde.
Lorsque vous mettez une dizaine de jeunes âgés de 17 à 21 ans ensemble dans un dortoir, qu’est-ce que vous obtenez ? Eh oui, une bataille de polochons évidemment. C’est effectivement ce qui a égayé la fin de soirée de samedi soir dernier dans les bâtiments des échanges scolaires des Bayards. C’est là que la relève romande avait installé son camp de base le temps du week-end. Ça c’est pour la petite histoire. Le reste du temps, ces talentueux tireurs et tireuses – dont le Vallonnier Emeric Wyss – n’ont pas eu beaucoup de temps pour la récréation. Ils avaient du pain sur la planche ou plutôt des cibles de visu à canarder.
Juste avant le cadre romand
Ce qui pousse cette relève à ce type de camp de perfectionnement, c’est l’envie de passer un cap et de se rapprocher des meilleurs du pays.
En termes de niveau, on se situe juste avant le centre romand juniors de performance. C’est le prochain objectif de ces jeunes. Ensuite, ils viseront l’étape au-dessus qui est le centre national de performance. Mais pour ça, ils ne pourront compter que sur leurs résultats,
dresse Philippe Pythoud. Et ce n’est pas de la poudre aux yeux, le prodige neuchâtelois Sacha Chenikov (2003) fait aujourd’hui partie du cadre romand après avoir passé par la case « camp de la relève ».
Bien faire « ses devoirs »
Comme dans tout, la réussite dépendra des efforts et de l’abnégation de chacun pour y arriver.
Ils ont la possibilité de s’inscrire à un second camp dans l’année, qui se déroule à Porrentruy (carabine, 10 mètres). Mais surtout, ils ont des exercices à faire de leur côté entre chaque rassemblement.
Ces rassemblements se font une fois par mois environ. Ils permettent d’évaluer les progrès dans la durée et de recalibrer l’entraînement au fur et à mesure des semaines. De l’assiduité des tireurs à faire « leurs devoirs » découlera directement leur avenir dans le tir. Certains ont par exemple décroché à la suite de l’apparition du Covid et n’ont pas encore regagné leur stand.
Un suivi personnalisé
Une « séquelle » dont beaucoup de clubs se plaignent. Au contraire, ceux de la relève ont croché à leur discipline et c’est pour cette raison qu’ils suivent ce camp où des cours poussés sont assurés par trois formateurs chevronnés.
Les deux personnes de la cantine sont très formées aussi,
blague Philippe Pythoud.
Plus sérieusement, les cours du camp sont plus qualitatifs que ce qu’on peut leur apporter au quotidien dans les sociétés de tir. Ils apprennent beaucoup. Un suivi personnalisé leur est notamment apporté en fonction de ce qu’ils ont besoin d’améliorer en priorité.
Le SCATT, développeur d’agilité au tir
L’un des outils à disposition est le logiciel d’analyse SCATT. C’est le formateur Marc Arn qui le « pilotait » ce week-end à Couvet. Il s’agit d’un capteur optique fixé sur l’arme et combiné à un logiciel d’analyse. À l’écran, l’instructeur voit en temps réel le mouvement de visée du tireur et peut le corriger immédiatement. Les appuis et la technique sont donc affinés. Ce qui découle, in fine, à la suppression de mouvements parasites et à une meilleure stabilité et précision. Impatients de se frotter les uns aux autres, les participants ont tenu à se mesurer samedi soir directement après le souper et… avant d’en découdre avec leurs polochons. Le meilleur tireur était-il aussi le meilleur à ce jeu-là ? Mystère !
Kevin Vaucher