Une exposition à domicile, ça vous tente ?
Les expositions, c’est bien ! Mais que révèlent-elles de l’univers de travail et de l’environnement de l’artiste ? Pour comprendre une œuvre et s’attacher à elle, n’est-il pas plus simple d’aller directement l’observer là où elle est créée ? C’est en partant de ce postulat que le sculpteur sur bois Olivier D. Barrelet a décidé d’organiser un week-end portes ouvertes du 19 au 21 avril prochains. Les visiteurs sont appelés à venir contempler son travail chez lui, dans son appartement mais aussi dans son jardin. C’est dans cet endroit qu’il a installé son atelier.
Ces portes ouvertes mêleront donc un espace personnel intérieur et un espace de création extérieur. Cela colle avec le personnage qu’est Olivier D. Barrelet. « J’aime la nature. C’est où j’y trouve le bois de forêt que je travaille. Je redonne vie à ce qui est censé mourir, en espérant que mes créations trouveront ensuite quelqu’un pour les adopter », lâche l’artiste de la rue Centrale 5 à Môtiers.
L’appartement déborde, que faire ?
Ce qui est vrai pour les enfants l’est aussi pour les œuvres de Barrelet. L’adoption prend souvent du temps et les créations ont littéralement envahi les murs au fil des années et des coups de « biseau ». Alors que faire dans pareilles circonstances ? Eh bien ouvrir cet appartement aux visiteurs pour qu’ils puissent venir directement sur les lieux pour les observer, s’y attacher et pourquoi pas les emporter. « Certaines seront à vendre et d’autres seront laissées au bon cœur des personnes intéressées. L’art se doit d’être accessible à tout le monde. Ce contact direct, chez moi, est vraiment une composante qui me plaît énormément. »
Comme un « artiste SDF »
Ces mots ne sonnent pas creux chez cet éternel angoissé pour qui la solitude a quelque chose qui s’approche du remède. « Je crée mes réalisations au fond de mon jardin. C’est un endroit bien modeste mais je le ferai volontiers découvrir à ceux qui en ont envie. Ce lieu compte tellement pour moi. Vous savez, si on m’interdit un jour d’y sculpter, j’irai le faire dans la forêt sinon je meurs », déclare l’homme. Cet « homme des bois » trouve l’apaisement dans la nature et dans le silence des jungles de feuillus. « Je me sens comme un SDF, perdu au milieu de la société de consommation dont je n’ai pas les codes. »
Prêts pour l’adoption ?
Les portes ouvertes du 19 au 21 avril constituent donc une petite révolution dans le quotidien de cet écorché vif. Comme pour mieux souligner encore son lien avec le monde végétal, il ne se contentera pas de disposer des œuvres dans son appartement, il en égrènera aussi à l’extérieur de la maison, près de sa « résidence secondaire » qu’est son jardin. « Sachez que ‹ l’artiste SDF › que je suis espère pouvoir offrir un nouveau toit à ses sculptures et que leurs acquéreurs y seront fidèles. D’une fidélité aussi inébranlable et sans faille que vous me créditez depuis plusieurs années, vous ainsi que le Courrier. » Quel grand cœur ce Monsieur Barrelet. On l’adopterait presque…
Kevin Vaucher